Je profite de ce choix d’un texte de Ted Hugues pour republier une note de
lecture écrite jadis pour un autre site, et portant sur le livre de Ted Hughes,
Birthday Letters, recueil de lettres-poèmes adressées par Ted Hugues à son
épouse Sylvia Plath
Ses jambes s’emmêlèrent
En sa course hasardeuse
jusqu’à en trébucher et s’allonger par terre
Ses jambes à elle
s’efforçant de les y retenir pour toujours
Il souleva des choses
tâtonnant en des chambres obscures
Leurs mains leurs bras
se saisirent
Jusqu’à l’enlacement
ultime
À bout de paroles leurs
bouches finalement
Se turent se
découvrirent se scellèrent de plus en plus profond
Buste seins
Parvinrent à l’extrémité
dernière
Leurs nombrils
s’adaptèrent aussi étroitement que possible
Comme un miroir s’ajuste
à un miroir horizontal
Et ainsi quand chaque
élément
Comme un taureau fonçant
irrésistible vers ses vaches
Comme un veau à la
recherche de sa mère
Comme tel qui chancelle,
parmi ses hallucinations
Recherchant l’empreinte
du sabot
Finalement obtint son
dû, et s’apaisa, les yeux clos
Alors s’abattirent une
telle grandeur une telle vérité
Comme au-dessus d’un
tombeau, quand les pleureuses s’en sont allées
Et que les étoiles ont
surgi
Et que la terre hérissée
rêche, minuscule et perdue
Reprend son exploration
S’engouffrant dans la
stupeur immense
Ted Hugues, Cave Birds, traduit de l’anglais et
présenté par Janine Mitaud, édition Bilingue, Orphée/La Différence, 1991, p.
95-97.
(version originale dans la suite de note)
note bio-bibliographique de Ted Hughes
et un autre extrait
index de Poezibao
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