Mathieu Brosseau ne reprend pas le thème ou la figure de Faust en des termes classiques. Même si nous sommes pris dans la conjonction du mythe, du récit. Du poème. Ce saut dans la modernité et de la contre-modernité ne nous déploie pas seulement à distance vertigineuse des ombres prométhéennes. Entre le signe et le singe, à distance des postures de «Dandy» ou du «Sauvage» toute baudelairienne, une exigence de ne pas développer le goût de la parure. Tout ce texte tente de développer un mouvement d’unification non pas au plan du corps de l’idée, mais au point d’instauration d’un réinvestissement du corps morcelé dans le signe d’une forme inconnue de la langue, dans le processus ou le risque de sa perte. Dans l’infini de «sa propre variété de cassures». Cette façon de la répandre et de la répercuter. De la réinvestir. Et de s’en échapper. De s’en perdre.
Si nous ne pouvons véritablement ignorer tout le corpus de l’œuvre et d’interprétation amoncelée tout au long de l’histoire littéraire, cette «Confusion de Faust», relève bien d’une dévoration, d’un miroitement des expériences de puissances et de catastrophes communes. Une tentative de mettre en scène par la défiance.
«la langue a craché sur la science».
Une tentative de défier et de ne point se « laisser introduire », ou «asphyxier par un savoir trompé». Tension de voix à ne pas conclure ce pacte. D’ailleurs, autant avouer qu’il ne s’agit pas de traverser ou de sceller strictement un pacte. Mais tout au contraire d’un travail de la pensée, sorte de rabot qui découpe en des proses aux allures contrapuntiques (sèche, coupante/souple et éthérée, musicale), la boîte crânienne de l'intérieur et provoque son usure, autre manière de sonde à féconder dans la figure d'écoute représentée par une l’oreille interne des deux champs d’émissions, que ponctuent l’éclatement dans la page. Eclatement ou rupture, matérialisant cette idée de lutte. Une lutte à ne pas reconnaître la beauté naturelle. « Rendons-lui la grossièreté immonde ».
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