On ne peut pas quitter la réalité d’un pas — décoller —
Poésie réparatrice
elle dit souvent ce qui
manque. C’est à ce prix qu’elle cesse d’être complaisance et parure — qu’elle
constitue un appel ardent à tout ce que l’on croit.
axiome de la poésie : que cela soit indémontrable et jamais gratuit.
La poésie rétablit inlassablement au présent le verbe qui est au passé.
un poème — qu’est-ce — rien
et pourtant le monde était là
comme le vent dans les tiges
le monde est là — comme le
vent dans les tiges
et aux confins bleus du monde
André du Bouchet, Carnets 1952-1956,,Plon, 1990, p. 5, 6, 19, 36 et 75.
ce qui me sépare des choses n’est pas plus épais
que l’haleine ou le feuillet
de l’autre feuillet
André du Bouchet, Carnet 2, Fata Morgana, 1998, p. 11.
sur le point d’être nommé, ce
qu’on voit ayant pris de court, l’omission du nom — fraîcheur reconduite — peut, sans faire défaut, de nouveau s’inscrire dans le temps de la nomination. Cela
fera comme tache ou
jour.
Trouver distance sur la page, c’est recevoir ce qu’elle a donné.
...hauteur
atteinte dans la langue, mais du coup, et sans le vouloir, nous nous découvrons soudain portés à la hauteur où chacun tout à tour est atteint.
André du Bouchet, L’emportement du muet, Mercure de France, 2000, p. 71, 85, 86 et 119.
Peser de tout son
poids sur le mot le plus faible pour qu’il éclate, et livre son ciel.
André du Bouchet, Air suivi de Défets, 1950-1953, Fata Morgana, 1986, p. 29.
Je remercie Tristan
Hordé pour cette contribution
André du Bouchet dans Poezibao :
Du
Bouchet André
extrait
1,
dossier
L’Etrangère 1,
dossier
l’Etrangère 2 (inédit sur Victor Hugo),
dossier
l’Etrangère 3 (lettre inédite à Paul Celan),
dossier
l’Etrangère 4 (article de Yves Peyré)
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