Michel Volkovitch a proposé à Poezibao cette libre variation sur la poésie. Elle devait initialement être publiée dans le cadre de l’initiative « Vases communicants », un échange de textes entre sites imaginé par un groupe de personnes sur la plate-forme Twitter. Mais n’ayant pas le temps actuellement de me prêter au jeu et malgré mes recherches ne trouvant pas de biais intéressant pour publier un texte sur le site de Michel Volkovitch, j’ai néanmoins tenu à l'accueillir ici en le remerciant pour son invitation
FT
L’ÉCHELLE
Une marche
un pas
une échelle
je m’étends dans la senteur blanche
sur l’autre versant du monde
toujours à deux doigts
de vivre
comment définir l’amour toujours allant
aux joies du corps tout ce qui fut
tu n’es pas né tu n’es pas mort
toujours toujours
mémoire
sur les marches je voudrais pouvoir
confondre cette chair avec la mienne
les trous de la langue
les songes de poussière
dans un soleil détruit
l’emprisonnement dans ce corps
vers l’intérieur de tout
comment sortir
la phrase de sa peau
où tout sonne creux
afin d’entendre
Toi
parfois
par la lucarne des songes
quand la mort nous tiendra tranquilles
proche de l’aveu
— Qu’en penses-tu ? me demande Sacha Marounian.
Ce poème qu’il m’a donné à lire, dactylographié sur une feuille, sans signature, je ne sais pas ce que j’en pense. Sa voix ne m’est pas étrangère, on écrit comme cela aujourd’hui ; ce qui m’intrigue, c’est moins le texte que la lueur bizarre dans l’œil de mon confrère.
— C’est un poème que tu as traduit ?
— C’est du 100% Made in France.
— Tu en serais l’auteur ?
Marounian n’écrit pas de poèmes. Il se marre doucement, comme si je blaguais.