Après délibération hier du jury du prix, c'est "L'Heure présente" d'Yves Bonnefoy (Mercure de France) qui a obtenu, dès le premier tour de scrutin, Le Prix Roger Kowalski 2011, Grand Prix de Poésie de la Ville de Lyon.
Attention, le 1er janvier 2023, Poezibao a déménagé.
Le site qui s'appelle désormais Poesibao avec un S au lieu d'un Z est maintenant ICI.
Poezibao l'ancien (ce site) reste ouvert et vivant, on peut y consulter les plus de 12 000 articles publiés depuis le début en 2004.
Poesibao est désormais (novembre 2024) une revue trimestrielle publiée sur le site : https://www.poesibao.fr
On trouvera aussi à cette adresse l'index complet de Poezibao et de Poesibao.
Rédigé par Florence Trocmé le samedi 25 mars 2023 à 09h36 dans Evènements | Lien permanent
Après délibération hier du jury du prix, c'est "L'Heure présente" d'Yves Bonnefoy (Mercure de France) qui a obtenu, dès le premier tour de scrutin, Le Prix Roger Kowalski 2011, Grand Prix de Poésie de la Ville de Lyon.
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 09 décembre 2011 à 11h31 dans Evènements | Lien permanent
Hier, 30 novembre 2011, Poezibao a fêté son septième anniversaire. Le site a en effet été créé le 30 novembre 2004 et une toute première note a été publiée ce jour-là à 14h50, c’était un texte de Jean Tardieu, suivi un peu plus tard, à 17h33, par une note de lecture de Kékszakáll de Valérie Rouzeau.
Depuis 6364 articles ont été publiés sur le site, la base de données comporte un peu plus de 900 fiches de poètes, le site a été visité par un million et demi de visiteurs uniques qui ont consulté deux millions et demi de pages.
Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 01 décembre 2011 à 11h20 dans Evènements | Lien permanent
Prix Européen de Littérature : Drago Jančar
Le Prix Européen de Littérature 2011 est attribué à Drago Jančar (Slovénie), né à Maribor en 1948, pour l’ensemble de son œuvre de romancier, de dramaturge et d’essayiste, à l’occasion du 20e anniversaire de l’indépendance de la Slovénie (1991), à laquelle il a activement contribué.
La remise du Prix Européen de Littérature 2011 aura lieu à l’Hôtel de Ville de Strasbourg le samedi 24 mars 2012 dans le cadre du festival Traduire l’Europe – 7emes Rencontres Européennes de Littérature, organisé en association avec la Ville et l’Université de Strasbourg.
Drago Jančar est né en 1948 à Maribor, dans une Slovénie alors englobée dans la « République fédérative socialiste de Yougoslavie ». Son père a été interné en camp de concentration pour faits de résistance contre l’occupant nazi. Dès ses études de droit, Jančar, rédacteur d’un journal étudiant, s’attire des difficultés de la part du régime. En 1974, il est condamné à un an de prison pour « propagande en faveur de l’ennemi ». Entre 1978 et 1980, il travaille à Ljubljana pour des studios cinématographiques mais, là encore, se heurte à la censure. En 1981, il entre comme secrétaire aux éditions Slovenska Matica où il travaille aujourd’hui encore comme éditeur. Il se lie d’amitié avec le grand écrivain slovénophone de Trieste Boris Pahor auquel il rendra hommage en 1990 dans son essai L’homme qui a dit non. Ce n’est qu’après la mort de Tito en 1980 qu’il peut donner libre cours à son œuvre de romancier, nouvelliste et dramaturge.
En 1987 Drago Jančar est l’un des signataires du manifeste des intellectuels pour une Slovénie démocratique et indépendante. De 1987 à 1991, il prend une part de plus en plus active à la démocratisation de son pays en tant que Président du PEN Club de Slovénie. Durant la guerre de Bosnie, il apporte publiquement son soutien aux Bosniaques et se rend à Sarajevo assiégée pour apporter des aides. Dans son « Rapport succinct sur une ville longtemps assiégée », il s’interroge sur le rôle des intellectuels dans les conflits ethniques ou nationaux. « Sismologue d’une histoire chaotique », Jančar choisit le plus souvent pour personnages des êtres marginalisés et écrasés par la société et pour lieux des espaces clos tels que prisons, casernes ou hôpitaux psychiatriques. Il se garde pourtant de verser dans la compassion ou la protestation. La distance et l’ironie sont la marque de son style. Il a obtenu en 1993 le plus prestigieux des prix littéraires slovènes, le prix Preseren, pour l’ensemble de son œuvre. Il a également reçu en 1994 le Prix européen de la nouvelle, en 1997 le Prix autrichien Jean Améry et en 2003 le Prix Herder. Ses récits et essais sont traduits en plus de vingt langues. Son théâtre a été représenté dans de nombreux pays et est régulièrement joué.
Bibliographie en français
Nouvelles slovènes - Autres Temps, 1996
L'élève de Joyce - L'Esprit des Péninsules, 2003
Aurore boréale - L'esprit des Péninsules, 2005
La Grande valse brillante - l'Espace d'un instant, 2007
Katarina, le paon et le jésuite - Passage du Nord/ouest, 2009
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 14 novembre 2011 à 09h56 dans Evènements | Lien permanent
Prix de Littérature Francophone Jean Arp : Valère Novarina
Le Prix de Littérature Francophone Jean Arp 2011 est attribué à l’écrivain franco-suisse Valère Novarina (né à Chêne-Bougeries près de Genève en 1947) pour l’ensemble de e son œuvre de dramaturge, de metteur en scène, d’essayiste, de peintre et de photographe.
Une conférence de presse a été donnée le samedi 12 novembre 2011 dans les salons du restaurant « Chez Yvonne », à Strasbourg, à l’issue de la réunion du Jury du Prix, parrainé par l’Université de Strasbourg et par la DRAC Alsace / Ministère de la Culture.
La remise du Prix aura lieu le samedi 31 mars 2012 dans le cadre de TRADUIRE l’EUROPE – 7èmes Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg
À cette occasion paraîtra aux Éditions Arfuyen, partenaires du Prix, un nouveau livre de Valère Novarina.
Site officiel
Né en 1947 près de Genève, Valère Novarina a passé son enfance et son adolescence au bord du lac Léman et dans la montagne.
À Paris, il étudie la littérature et la philosophie, rencontre Roger Blin, Marcel Maréchal, Jean-Noël Vuarnet, veut devenir acteur, mais y renonce rapidement. Il écrit tous les jours depuis 1958 mais ne publie qu’à partir de 1978. Une activité graphique, puis picturale se développe peu à peu en marge des travaux d’écritures : dessins des personnages, puis peintures des décors lorsqu’il commence, à partir de 1986, à mettre en scène certains de ses livres.
bibliographie : Aux Éditions P.O.L : Le Drame de la vie • Le Discours aux animaux • Vous qui habitez le temps • Théâtre : L’Atelier volant – Le Babil des classes dangereuses – Le Monologue d’Adramélech – La Lutte des morts – Falstafe• Pendant la matière • Je suis • L’Animal du temps, version pour la scène du Discours aux animaux • L’Inquiétude, version pour la scène du Discours aux animaux • La Chair de l’homme • Le Repas, version pour la scène des premières pages de La Chair de l’homme • L’Avant-dernier des hommes, version pour la scène du chapitre xvii de La Chair de l’homme • L’Espace furieux, version pour la scène de Je suis • Le Jardin de reconnaissance • L’Opérette imaginaire • Devant la parole • L’Origine rouge • L’Équilibre de la croix, version pour la scène de La Chair de l’homme • La Scène • Lumières du corps • L’Acte inconnu • Le Théâtre des paroles • Falstafe • Le Monologue d’Adramélech • L’Envers de l’esprit • L’Atelier volant • Le Vrai sang.
Aux Éditions Héros-Limite : La Loterie Pierrot • Le Vrai sang, disque et livret, « Timbres », notes, fragments, photographies et documents sonores (1972-2006) réunis par Pascal Omhovère.
Aux Éditions Gallimard : Le Drame de la vie « Poésie/Gallimard » • L’Acte inconnu.
Aux Éditions de la Transparence : Paysage parlé, entretiens avec Olivier Dubouclez.
À l’occasion de la remise du Prix Littérature Francophone Jean Arp à Valère Novarina le 31 mars 2012, une exposition de peintures et de dessins sera organisée à la Galerie Chantal Bamberger à Strasbourg. Simultanément, un texte inédit sera publié aux Éditions Arfuyen, partenaires du Prix.
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 14 novembre 2011 à 09h40 dans Evènements | Lien permanent
Le prix de Littérature francophone Jean Arp est attribué à Valère Novarina. Le prix européen de littérature a été attribué à Drago Jancar. Plus d'informations demain matin dans Poezibao.
Rédigé par Florence Trocmé le dimanche 13 novembre 2011 à 20h55 dans Evènements | Lien permanent
Jean-Pierre Siméon, secrétaire général du prix, informe Poezibao que le 73ème Prix Apollinaire est attribué à Jean-Claude Pirotte pour ses recueils Cette âme perdue édité au Castor astral et Autres séjours aux éditions Le Temps qu'il fait
Le prix sera remis à Paris le 16 novembre
Jean-Claude Pirotte, peintre et écrivain, chroniqueur et éditeur, est né à Namur en 1939. Avocat de 1964 à 1975, il est rayé de l’ordre pour un délit qu’il nie avoir commis (aide à la tentative d’évasion d’un de ses
clients). Condamné, il s’enfuit en France, en Catalogne et dans le Val d’Aoste. Il mène alors une vie plus ou moins vagabonde jusqu’à la péremption de la peine en 1981, ce qui lui permet de vivre en liberté, notamment dans la province française et au Portugal. Il a publié une cinquantaine de livres, des articles, des poèmes et des préfaces. Peintre, il a aussi illustré différents ouvrages.
Parmi ses derniers livres parus : Un voyage en automne, Absent de Bagdad, Passage des ombres, Le Promenoir magique et autres poèmes (1953-2003) (La Table Ronde), Expédition nocturne autour de ma cave (Stock). La poésie représente une part essentielle dans son œuvre, comme on peut en juger à la
lecture de Le Promenoir magique et autres poèmes (anthologie qui permet d'apprécier l'ampleur et la cohérence de son œuvre poétique, dont le ton verlainien chantant et mélancolique lui donne une place à part dans la production contemporaine.
Le Prix Apollinaire, fondé en 1941 par Henri de Lescoët, fête donc cette année son 70e anniversaire. Il est considéré comme un Goncourt de la poésie - en partie parce que certains membres de son jury ont été
ou sont jurés Goncourt, comme Francis Carco, Hervé Bazin, Robert Sabatier ou Tahar Ben Jelloun.
Présidé par Charles Dobzynski, il est composé de personnalités du monde de la poésie : Marc Alyn, Marie-Claire Bancquart, Tahar Ben Jelloun, Zéno Bianu, Georges-Emmanuel Clancier, Philippe Delaveau, Ariane Dreyfus, Bernard Mazo, Jean Portante, Robert Sabatier, Jean-Pierre Siméon.
Jean-Claude Pirotte dans Poezibao
bio-bibliographie courte, bio-bibliographie commentée par les textes, Hollande (note de lecture de B. Moreau), Passage des ombres (parution), extraits 1, Revermont, extrait 1, le prix Kowalski, extrait 2 ; Le Promenoir magique (par F. Trocmé), extrait 3, ext. 4, ext. 5
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 04 novembre 2011 à 13h37 dans Evènements | Lien permanent
Poezibao et la Maison de la poésie de Paris ont créé un partenariat autour des trois grands cycles "Entretiens de Po&sie", "La République des poètes" et "Figures d’humanité". Il s’agira en préambule à chacune des rencontres de présenter plus avant le ou les auteurs et les œuvres. Chaque fois que possible, Poezibao fera par ailleurs un reportage au cours de ces séances. Celles-ci seront désormais enregistrées et on pourra les écouter sur le site de la Maison de La poésie, quelques jours plus tard. Poezibao donnera liens et informations utiles.
Figures d'humanité
Jean-Pierre Siméon
Jean-Pierre Siméon répondra à son tour le 12 novembre prochain à la commande de conférences que nous initions avec « les Amis de l’Huma ». Après Stiegler, Cixous, Noël, Gatti, Deguy, Delmas-Marty, Juliet… le poète Jean-Pierre Siméon éclairera notre désir de savoir. Nous qui sommes l’humanité, pourquoi avons-nous si peu de certitudes ? Comment ne savons-nous pas nous offrir à elle, la combler autour de nous avec les autres, la combler au dedans de nous ? Pour qu’elle advienne ! Mais, quelle est-elle, cette humanité que nous appelons de nos vœux ? Autant de questions qui ensemble requièrent la parole des philosophes et poètes. Ainsi, se détournent-ils de leurs travaux pour nous les faire entendre à la lumière de cette question qui est sur toutes les lèvres. Ainsi, mois après mois, pour la troisième saison, accumulons-nous une connaissance et un questionnement supplémentaire. Ainsi tâchons-nous d’offrir à un public désireux une galaxie de pensées heureusement différentes en marche sur la même route.
Le très connu Jean-Pierre Siméon est à la vérité un inconnu. Dirigeant le fameux Printemps des poètes, il est lui-même un poète discret. Auteur associé au Théâtre National Populaire à Lyon auprès de Christian Schiaretti, il est l’auteur de nombreux monologues et pièces de théâtre. Peu le savent. Et je passe sous silence le professeur, le militant, et le massifcentraliste de Clermont Ferrand féru de rugby à quinze. J’oubliais : Jean-Pierre Siméon écrivit quelque peu dans le journal l’Humanité comme critique littéraire. Est-ce dans ce faire-là qu’il a fondé sa plume de penseur de l’art de la scène ?
Voici notre invité en pied. J’aime sa culture profonde et vraie de la poésie. J’aime son engagement. Jean-Pierre Siméon dresse la carte de la poétique quand elle devient oralité. Nous sommes ensemble liés à ce devenir, engrangeons une même mémoire, imaginons et construisons l’avenir de ce que Jean-Pierre Siméon a nommé « un théâtre de poésie ».
Est-ce assez dire le grand désir que nous avons à provoquer cette parole devant vous ?
[Claude Guerre]
Samedi 12 novembre à 16h
tarif unique : 5 €
Maison de la Poésie-Paris
Passage Molière
157 rue Saint Martin
75003 Paris
01 44 54 53 00
www.maisondelapoesieparis.com
Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 03 novembre 2011 à 11h13 dans Evènements | Lien permanent
Poezibao apprend par Claude Vercey le décès de Patricia Le Roux Sorrente morte ce 18 octobre 2011, heurtée par un scooter à Paris. Patricia était l’épouse du poète Dominique Sorrente à qui Poezibao adresse toutes ses condoléances.
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 25 octobre 2011 à 16h53 dans Evènements | Lien permanent
NDLR : le 18 octobre 2011, pendant la pause d’une quinzaine de jours de Poezibao, est advenu le décès d’un des plus grands poètes contemporains, l’italien Andrea Zanzotto.
Comme trop souvent désormais, silence accablant de la plupart des médias français*. Silence ressenti très douloureusement par plusieurs des admirateurs, connaisseurs ou traducteurs du poète, notamment Philippe di Méo et Martin Rueff.
Martin Rueff tout particulièrement qui offre à Poezibao, avec le plein accord de Michel Deguy et de Claude Mouchard, la possibilité de publier aujourd’hui, en avant-première, un article qu’il a rédigé pour le prochain numéro à paraître de la prestigieuse revue Po&Sie. Martin Rueff qui proposera également dans les mois à venir des traductions inédites de Zanzotto.
Andrea Zanzotto est mort
par Martin Rueff
Andrea Zanzotto est mort mardi 18 octobre 2011 à Conegliano quelques jours seulement après avoir fêté ses quatre-vingt-dix ans. Cet anniversaire avait été marqué par la publication du volume de ses poésies complètes : Tutte le poesie, (Milan, Mondadori, septembre 2011, 1200 pages), mais aussi par celles de Ascoltando dal prato. Divagazioni e ricordi, (Giovanna Ioli éd., Novara, Interlinea, octobre 2011) et d’un fort volume contenant tous les textes de Zanzotto consacrés au cinéma : Il cinema brucia e illumina – Intorno a Fellini e altri rari, (Luciano dei Giusti éd., Venise, Marsilio, octobre 2011). En 2011, Zanzotto avait aussi publié Il mio Campana, (Francesco Carbognin éd., Bologne, Clueb, 2011). Indiquons enfin la parution d’un beau numéro de la revue Autografo, n°46, I novanti anni di Andrea Zanzotto qui contient des pages inédites.
Il serait bien difficile à l’heure de l’émotion et de la tristesse d’indiquer la signification de cette perte pour la poésie italienne, pour la poésie en général, ainsi que pour la culture européenne. Les paroles que Zanzotto consacra à Pasolini valent sans doute encore plus pour Zanzotto lui-même : « avec tout ce qu’il a écrit, et avec tout ce qu’il a créé dans les champs d’activité les plus variés, est-il juste de dire que Pasolini doit être avant tout qualifié par le nom de poète ? Oui, et cela, dans l’acception la plus gênante et presque la plus désuète que ce terme peut recouvrir »1. Zanzotto incarnait une confiance totale dans la poésie : il était la poésie et parlait en son nom. Il ne reculait pas devant le terme et en assumait toutes les significations, toutes les implications, toutes les complications. Et s’il prenait la parole en public, que ce soit pour dénoncer ou pour édifier, c’était en poète. En lui se nouent les plus grandes voix du siècle- il les côtoya, il leur fut ami, elles le reconnurent – d’Ungaretti à Montale (Zanzotto ne décrit pas : il circonscrit et enveloppe), de Pasolini à Fortini, de Luzi à Raboni. Et il n’est de critiques, quels que soient leurs goûts ou leurs inclinations qui n’aient reconnu en lui l’accomplissement des plus hautes traditions – de Contini à Cortellessa.
Il rassemblait en lui tant d’héritages : le chant pur et le poème objet, la simplicité et l’expérimentation, la tradition et l’avant-garde, l’egologie et l’écologie, l’hymne et l’élégie, le devenir hymne de l’élégie et le devenir élégie de l’hymne : le poète d’un « monde minuscule en apparence » (selon le mot qu’il appliquait à Biagio Marin) et le poète des aspirations les plus universelles. Il fut le poète de la beauté et des paysages, mais aussi celui du destin et de l’histoire des hommes. Même si Zanzotto restera aussi comme un prosateur exquis et un critique d’une pénétration remarquable, tout chez lui (tout de l’espace et tout de l’histoire) conduit au poème.
À chaque rencontre au rez-de-chaussée de Pieve, près de la table jonchée de manuscrits et de livres envoyés en hommage, alors que le merle sifflait, et que le chat le poussait à remonter dans les branches, sous le bonnet rouge qui était comme son habit d’Arménien, Zanzotto reculait d’un cran dans la conversation avec l’ironie qui le caractérisait. Il avait le regard de loin mais savait le porter au plus près de soi se penchant sur les êtres avec une infinie bonté. Sa conversation était douce et brillante : il fut curieux jusqu’au bout et c’est cette grâce qui électrise tous ses textes.
On a souvent rappelé que sa petite santé était aussi une stratégie – mais il sentait le grand âge et ses contraintes. Il constatait avec tristesse que la table des grands amis s’était rétrécie : de la mélancolie (surtout quand il rappelait les anciennes romances), de la nostalgie (toujours quand il rappelait la beauté de la vallée avant le massacre des hommes), de l’alacrité (quand il évoquait les enfants, la vivacité de la nature, l’entrain des souvenirs) – de l’amertume jamais.
Un jour que nous étions tous réunis, l’un d’entre nous (on ne le nommera pas), fit tomber une tasse – elle se brisa elle aussi « comme un éclat de rire ». Alors que l’on s’empressait, que certains se confondaient en excuses, Zanzotto fut pris d’un fou rire d’enfant – festa festa evviva ! c’est la fête !...c’est la fête….
Il était le plus jeune des poètes italiens.
Martin Rueff
*on pourra lire cependant
cet article du Monde par René de Ceccatty
cet article de la Tribune de Genève
1.Pasolini poeta, in Pasolini. Poesie e pagine ritrovate, éd. A. Zanzotto et N. Naldini, Roma, 1980, désormais in A. Zanzotto, Scritti sulla Letteratura, Milano, Mondadori, 2001, vol. II, pp. 153-160.
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 24 octobre 2011 à 11h16 dans Evènements | Lien permanent
Le site ne sera pas mis à jour du lundi 10 octobre au lundi 24 octobre 2011.
Poezibao rappelle que des centaines de poèmes sont disponibles dans l’anthologie permanente, que de très nombreuses réflexions sur la littérature et la création artistique peuvent être lues dans la partie Notes sur la création, que le site comprend des notes de lecture de livres de poésie récemment parus ainsi que plusieurs entretiens dont le dernier en date avec Jean-Paul Klée (par Jean-Pascal Dubost).
Rédigé par Florence Trocmé le dimanche 09 octobre 2011 à 10h59 dans Evènements | Lien permanent