Quelques extraits des
derniers livres reçus par Poezibao.
Lola Créïs, dix-sept portraits de mes oncles, coll. Le Refuge en Méditerranée,
centre international de poésie de Marseille, 2013, 14€
« Sur la majeure partie de la photographie, on voit du ciel, vide. En bas,
parallèle, au bord de l’image, une bande étroite plus sombre est formée par la
mer et la ligne du quai au loin, où des bateaux longs et plats sont amarrés. Le
corps d’un homme à l’extrême gauche de l’image est coupé par le bord inférieur
du cadre. [...] »
Jean Royer, L’Arbre du veilleur, Éditions du Noroît/Chemins de traverse,
diffusé et distribué à Paris par la librairie du Québec, 2013
« En tant que femme et poète, Louky Bersianik (1930-2011) a su mesurer la
force des commencements. Fondée en partie sur des mythes anciens et des légendes
modernes, sa poésie invente surtout une cosmogonie inédite au féminin, elle se
fait ontologique et lyrique, épique en même temps qu’initiatrice, teintée de l’ironie
des retournements du côté du féminin. » (56)
[Lettre de Jean Royer : « ce livre est le premier d’une série de
cinq, tous à paraître au Noroît d’ici 2015, formant une sorte de dictionnaire amoureux de la poésie. »]
Joël-Claude Meffre, La Proie des yeux,
photographies Elizabeth Prouvost, Dumerchez, 2013, 17€
« Les masques de pierre font face à ce qui ne cesse de les voir.
Nous sommes leur ailleurs
incontournable, nous agitons devant eux nos grelots de vivants.
Nous louchons à trop vouloir les fixer.
[...] (13)
Revue Po&sie n° 143, Belin, 20€
Claude Mouchard revient sur la littérature d’Afrique. Dans ce numéro notamment
l’auteur zimbabwéen Dambudzo Marechera :
De partout j’entends la sombre
angoisse
« tu te prends pour
un poète
« tu
es noir et déglingué. »
La foudre s’abat, le tonnerre frappe à grands
Coups
« On n’échappe pas aux
fouets du hasard
« La seule fuite c’est
de s’asseoir et d’écrire. »
Des seaux de pluie, des tambours d’eau, des chaudrons
s’abattent :
Mais mon bras retient sa
porte, la retient avec force
Et mon regard change le
tumulte du ciel
En une âme purifiée d’un blanc vif sur la vague noire. (19, traduit de l’anglais
par Pierre Leroux)
Revue Koshkonong, numéro 2, été 2013, Eric Pesty éditeur
Claude Royet-Journoud :
« Les mots l’avaient quittée. Elle fut seule dans les vitres d’une serre.
Arme blanche de l’enfance. De l’oubli. Le désordre est ici l’anatomie d’une
voix. Et la nudité, un meurtre. « Ces choses-là, je les sais. »
(11) (abonnement pour trois numéros, 1 an, 29€)
Revue N4728, n°24, Le Chant des mots, Angers, 12€
Dominique Dou :
Nous mutons –
nous mutons
du cygne au cheval rouge d’Arménie –
étions en marche
remontés de l’eau
chantant le vent galopant la terre
libre le chemin –
et puis le monde – rond comme un mur –
le cheval essoufflé dans le mur
nos pieds sur la terre pris dans les fils –
ça poisse à la terre – nous mutons –
[...] (18)