XLIV
Les feuilles mortes volent plus haut que les poupées ne voient
Un chien de garde aboie dans la nuit
Des fourmis joyeuses nidifient sur le faîte de mon arbre
On ne trouve qu’une mescaline blanchâtre
Anne m’écrit des poèmes et s’inquiète de ne pas “y arriver”
Ron écrit des poèmes et s’inquiète de ne pas “y arriver”
Pat s’inquiète mais ne travaille à rien
et Gude s’inquiète pour sa vie sexuelle
Nous sommes en 1959, et j’attends le courrier
Qui se soucie du mardi (jour de la normalité Jacques Louis David) ?
Boston a battu New York trois contre un. Ç’aurait pu être
Carolyn. Providence est aussi loin du Montana que Tulsa.
Il reprend son pistolet, celui que Steve lui a légué :
Sa doublure s’appelait Herman, mais venait rarement
○
LXXXVI
Méfiez-vous de Benjamin Franklin, il est totalement dénué de grâce
Ce que les mages appellent “Nausée Noire”. (Ils arrosèrent de sa légende le
gros shérif)
Ces
sonnets sont un hommage à
Ubu Roi.
Attachez vos jarretières cramoisies autour de son cœur servile
Par quoi il épanche interminablement
Le poème de la nation scrute le long moi du
rivage et “don don”
De grandes meutes de rats noirs en liberté dans le brouillard
de la nation Hors de ma chambre
Ces sonnets sont un hommage à moi-même
absence de passion, de principes, d’amour
Le cadeau le plus élégant que j’ai trouvé ! (Ce que
les mages appellent “Nausée Noire”
Ted Berrigan, Les Sonnets, traduit de
l’anglais (États-Unis) par Martin Richet, postface de Jacques Roubaud, éditions
Joca seria, 2013, pp. 50 et 86 Sur le site de l’éditeur
Lire ce bel ensemble sur le
site remue.net avec d’autres poèmes.
Bio-bibliographie de Ted Berrigan
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