Des buissons abandonnés
Un désordre de grande herbe et de ronces
Tout au long du cours léger d’un ruisseau
Qui traverse mon enfance, on allait
D’une ferme assez seule, au bord de Cougou,
Jusqu’aux toits rassemblés de Chauvin, en allée
Autant par le ciel ouvert
Que par des bouts de prés rapiécés.
Sortir de ce moment d’errance
Ne menait nulle part.
Il n’y a pourtant rien qui fuit.
Les mots, des tracés et contours sont là.
Si le paysage a bougé (à cause d’un grand vent, ou parce que les saisons)
C’est pas tant. Tout a bien été ensemble
Dans la rêverie, dans le réel. C’est plutôt qu’on ne sait pas
Ce qu’on voudrait dire dans cet « ensemble » :
Ce qu’il veut dire. Depuis toujours,
Et malgré l’art et la science
Le monde nous échappe. Et puis
notre désir aussi.
James Sacré, Le paysage est sans légende, dessins de Guy Calamusa, Al Manar, Éditions Alain Gorius, 2012, pp. 24 et 25
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