Mont-Ruflet
poème-feuilleton d’Ivar Ch’Vavar
37e épisode
Résumé de l’épisode précédent : Le soleil va se lever. Il est vieux, paresseux, chassieux, quelque peu vicieux et plutôt malheureux. N’est-il pas temps de mettre fin à l’ostracisme qui frappe ce type de personnage ?... Mouchette surprise et outragée... innocente... ne connaît-elle pas la réponse à cette question ?
Morceau de glace brisée, seul miroir dont elle dispose, lui don
Nait la preuve que rien, comme d’habitude, ne peut se lire sur
Son front têtu. Tout ce grand espoir qu’elle a eu, si grand qu’il
N’était sans doute pas à la mesure de son cœur, qu’elle n’en a
Tiré aucune vraie joie ; qu’elle ne garde le souvenir que d’une
Attente merveilleuse... à la limite de l’angoisse... tout ce grand
Espoir n’était donc que le pressentiment d’une humiliation pi
Re que les autres, bien que de la même sorte. Elle est allée seu (1880)
Lement plus profond, ‒ si profond que la chair elle-même y ré
Pond par une souffrance inconnue... qui rayonne du centre de
La vie dans le pauvre petit corps douloureux.. Et l’humidité g
Lacée de la terre monte le long de ses jambes — car le sol n’est
Que d’argile battue, et le vent passe sous la porte... Mouchette
A son secret. Elle ne saurait le dire, il est secret pour elle aussi,
C’est le secret de sa chair. Le jour se lève, sale, grumeleux.. La
Casserole est vieille et Mouchette prend bien garde que la fari
Ne n’attache pas. Sans cesse elle la tourne avec un manche de
Bois. Elle touille... Elle touille...
Ô lapin chevelu ! lapin cul-nu, (1890)
Les cheveux dans les yeux donne cette secousse – de tes cuiss
Es, file sous la pluie des salles en enfilade, le carreau des gran
Des croisées du château vaut le grillage du clapier, après tout.
Tex Avery ouvre ses bras et recueille nos sanglots. Ici, comme
En d’autres endroits de ce poème, je reprends du déjà-écrit et
Le reclasse, relooke et reformate. Je ne vois pas pourquoi un t
Exte ne me servirait qu’une fois, aucun n’est fixé dans une for
Me parfaite, non, pour moi c’est du matériau, on tape dedans
Comme on veut (et d’ailleurs, avis aux amateurs). Ici disais-je
Donc, du déjà-écrit, et pas récent, six ou sept ans.. Ça s’appelle (1900)
La fiancée portugaise 2 (Noël au château). Et, il y a quelque chose
Qui me trouble, dans les premiers vers, repris littéralement (s
Auf la coupe). Oh, c’est ça : « Lapin chevelu ! lapin cul-nu, les
Cheveux dans les yeux donne cette secousse – de tes cuisses ».
Ça me remue pas mal, et, d’autre part, enfin...dans un autre fi
Lm.. c’est Alice que je vois revenir dans ce moment du poème
Je ne sais pas pourquoi... enfin... si... c’est qu’elle arrive toujou
Rs au château, qu’elle ne cesse pas d’y arriver. – Et là on dirait
Que le kaléidoscope a été tellement secoué qu’Alice et Huit-R’
Flets (le lapin blanc) ont été comme... entortillés dans le même (1910)
Personnage, oui, je pense à un scoubidou fait de deux fils tres
Sés serré, l’Alice et le Huit-R’flets. Il y a là... eh bien je dirai ca
Ricature poussée à bout, hystérie, cruauté – mais cruauté plei
Ne d’empathie (peut-il y avoir cruauté sans empathie ?) voilà
Les mots qui me viennent à l’esprit, ‒ devant une pareille ima
Ge. Pas étonnant que Tex Avery ait surgi à ce moment précis !
Oh ! je suis très content d’avoir écrit (et réécrit) ce qui précède
Et ça m’a fait un chaud pinçon au cœur, et puis le texte se ran
Ge comme tout seul dans la forme justifiée, et c’est souvent le
Signe que des choses importantes sont dites. Les hauts sapins (1920)
Du parc se mettent en accordéon. Et après la bretelle de cet ac
Cordéon, nous les femmes, nous nous accrochons... Comme à
Tout ce qu’il y a de bon dans le mâle – la bonté... la bonté tout
De même bien accrochée des mâles. Oh bien sûr ils peuvent ê
épisode 38 mercredi 7 octobre 2012