La poésie a pour moi encore un sens, aussi parce que l’impegno civile lui est inhérent, fût-ce seulement celui de défendre sa propre langue, d’en conserver la vitalité, de l’alimenter avec des mots nouveaux contre l’invasion de l’homogénéisation… j’ajoute que la réalité du monde te submerge quotidiennement, faire semblent de rien est impossible… c’est une question de conscience… si la poésie, en plus d’un journal intime ou d’une trace mémorielle, est aussi le sentiment de son époque, elle doit être alors apte à en anticiper les plis, l’interroger en profondeur, en fixer la durée bien au-delà du fait divers…
Eugenio de Signoribus, cité par Martin Rueff, en exergue de sa présentation de Au commencement du jour, traduction par Thierry Gillyboeuf de Principio del Giorno d’Eugenio de Signoribus, Éditions de la Nerthe, 2011, p. 1
NDLR, impegno, engagement