Tapis de chiffons 76
Tous les tilleuls sont en fleurs,
tous les chardonnerets sont chanteurs,
les feuilles baignent dans le soleil,
seul ton cœur s’ensommeille.
Des jeunes filles s’ouvrent à toi
telles des coffrets de pierreries –
tu ne les regardes même pas,
l’araignée fila ton plaisir.
Une foi unique tu désirerais,
pour servir le Très-Haut,
la vanité tu t’en dépouillerais,
pour endosser l’habit du moine.
Tous les tilleuls sont en fleurs,
tous les chardonnerets sont chanteurs,
les feuilles baignent dans le soleil,
seul ton cœur s’ensommeille.
Sándor Weöresn, traduit du hongrois par Jean-René Lassalle, avec l’aide de l’analyse de S. Fahlström.
Extrait n°76 de « Rongyszönyeg » (Tapis de chiffons), publié dans Sandor Weöres : Meduza (1944). Reproduit dans : Susanna Fahlström : Form and Philosophy in Sandor Weöres’ Poetry, Acta Universitatis Upsaliensis, Upsalla 1999.
Rongyszönyeg 76
A hársfa mind virágzik,
a csíz mind énekel,
a lomb sugárban ázik,
csak szíved alszik el.
Nyílnak feléd a lányok
mint ékszer-ládikók –
nem is fígyelsz utánok,
kedved beszötte pók.
Már csak hitet szeretnél,
szolgálnád Ég-Urát,
minden hiút levetnél,
viselnél szörcsuhát.
A hársfa mind virágzik,
a csíz mind énekel,
a lomb sugárban ázik,
csak szíved alszik el.
Extrait n°76 de « Rongyszönyeg » , publié dans Sandor Weöres : Meduza (1943).
|•|
L'infini intérieur
à Nándor Várkonyi
Languissent dans le ciel les oiseaux absents,
multipliant un monde qui non-existe.
Le long boulevard de ton visage s’élargit
vers l’intérieur d’un esprit bondé entraînant
au travers de chaque terrain de jeu parcourant
pour enfin arriver à formuler les signes
que le désert envoie voler sous ses pieds
avec cet infini qui surplombe observant
ou encore il jaillit vers l’illimité
qui sans mains comme un luth résonne
même si un luth aux mains a manqué –
car ici se trouve aucun désert, ni bas ni haut
aucun monde protégé ne se couvre d’aucun toit
mais n’existe même plus ce qui avait froid.
Traduit du hongrois par Jean-René Lassalle, avec l’aide de l’analyse de S. Fahlström.
Extrait du cycle de sonnets « Atváltozások » (Métamorphoses, 1970). Reproduit dans : Susanna Fahlström : Form and Philosophy in Sandor Weöres’ Poetry, Acta Universitatis Upsaliensis, Upsalla 1999.
A benső végtelen
Várkonyi Nándornak
Égen madárhiány eped,
a nincs-világot sokszorozza.
Kitárul arcod utcahossza
a népes elmén átvezet
átszel minden játszóteret
végül jelekböl kibogozva
röpíti láb alatt a puszta
s a végtelenség rámered
vagy ö nyilall határtalanba
mi kéz nélkül zsong mint a lant
s a kéznek elveszett a lantja –
nincs puszta itt, nincs fönt s alant
hajlék se zár védett világot
de az sincs többé aki fázott.
Extrait du cycle de sonnets « Atváltozások » (Métamorphoses, 1970).
[Jean-René Lassalle]
Bio-bibliographie de Sándor Weöres