Cette
rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus
par Poezibao. Il ne s’agit pas de
fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel
aux informations fournies par les éditeurs.
°Mary-Laure Zoss, Où va se terrer la
lumière, Cheyne Editeur
°Mireille Gansel, Chronique de la Rue
Saint-Paul, Calligrammes
°Eric Ferrari, Les corvéables les
répondants, Cheyne Éditeur
°Menno Wigman, L’Affliction des
copyrettes, Cheyne Editeur
notices détaillées de ces ouvrages en
cliquant sur « lire la suite... »
•Mary-Laure Zoss
Où va se terrer la lumière
Cheyne Édition, 2010
15 €
à la trépidation qui cloue contre les
mots,
aucune force ne pourrait opposer résistance, nul
esprit se ramener à lui-même, tandis que l’archet de
fer n’érafle pas même le bord osseux du temps : si
peu pour accueillir sur les emblavures agrafées aux
busards, on y revient encore, qu’on nous prête un
linge pour absorber cette sueur froide aux pierres ;
tenterait-on de poser un pied en soi, qu’on ne
trouverait que ces friches de novembre, ces verbes
fissurés, une volonté qui s’enferre sous une
inhumaine mesure, et vous, comme une poignée
d’étoiles grises roulées dans un pli de la page, vous
taisant encore, […].
Mary-Laure Zoss est née en 1955 à Vaulion en Suisse, vit et travaille à
Lausanne. A publié un premier livre de prose poétique, Le Noir du ciel, aux éditions Empreintes (Prix de poésie C.-F.
Ramuz 2007 et prix de la Fondation L-A Finances pour la poésie 2008), des
textes dans la Revue de Belles-Lettres,
ainsi que dans N4728 (Angers) et Fario (Paris). Après Entre chien et loup jetés (2008), Où va se terrer la lumière est le
deuxième livre qu’elle publie à Cheyne.(Sur le site
de l’éditeur)
•Mireille Gansel
Chronique de la rue Saint Paul
Calligrammes, Bernard Guillemot, 2010
« Mireille Gansel appartient à la génération d’après la libération des
camps de concentration, c’est-à-dire à la première génération pour qui s’est
posée la question de l’avenir de la raison humaine après Auschwitz. Que ce soit
comme traductrice ou comme auteur, elle construit patiemment une œuvre fondée
sur le ″devoir de connaissance″ en privilégiant – à l’image de l’ethnologue
Eugénie Goldstern – le témoignage direct et la rencontre avec ceux qui ″se
souviennent encore″. Chronique de la rue
Saint-Paul, portée par une éthique exigeante, pose la question des lieux
sinistrés. » (rabat du livre)
•Éric Ferrari
Les Corvéables les répondants
Cheyne Éditeur, 2010
17 €
Tu bois l’eau dans une casserole. Tu
étais entré
avec le déséquilibre propice aux connivences imprévues.
Tu es l’immensité du ciel dans un grain de sable.
(Portrait clandestin)
Sous un manteau unique, nous étions nombreux
à savoir conjuguer le premier verbe.
L’obstination est un échec qui redonne espoir.
(Peu après 17 heures)
Et pluie.
Blancheur mutique des fleurs de marronniers.
Après l’attente, attendre mieux.
(Tabouret dans la cuisine)
Éric Ferrari est né en 1960. Vit au Havre. Trois titres parus à Cheyne depuis
2003 (Abris et déblais et Les Inventions). A publié par ailleurs
chez Blockhaus Criblure (1993) et Relever-Traverser (1996), aux éditions
Clarisse Ecrit au dos (2006), et chez
Simili sky Un rien d’air (2007). (sur le site
de l’éditeur)
•Menno Wigman
L’Affliction des copyrettes
Traduit du néerlandais par Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin, édition bilingue
coll. D’une Voix l’autre, Cheyne Éditeur, 2010
20,50 €
Tout fleurit à mort. Dans le plus grand
silence d’un poème.
Assez donc, assez. Mon crayon s’émousse
et toi, mon père, tu reposes maintenant dans les airs.
Comment faire un jour revivre ton regard ?
Et pourquoi le monde est-il si vaste,
alors que tes cendres tiennent presque dans ma paume ?
Nulle science n’apporte ici une réponse.
Si j’en avais le coeur, j’examinerais la chose
comme un alpiniste vide sa boîte de conserve.
Menno Wigman est né à Beverwijk (Pays-Bas) en 1966. L’Affliction des copyrettes est une anthologie personnelle dont
Willem Thies a pu dire qu’elle représentait « le meilleur de l’œuvre du
meilleur poète néerlandais d’aujourd’hui ». Cofondateur en 1990 du groupe punk Human Alert, Menno Wigman y exerça comme
batteur pendant dix ans. Il est également traducteur de Baudelaire, Nerval,
Rilke, Thomas Bernhard et Else Lasker-Schüler.
Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin se sont associés depuis de longues années
pour former un traducteur bicéphale. Tous deux ont reçu en 2009 le Brockway
Prize, prix bisannuel décerné par le Nederlands Literair Productieen
Vertalingenfonds qui distingue les meilleurs traducteurs de la poésie des
Pays-Bas et de la Flandre. (Sur le
site de l’éditeur)