Cette
rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus
par Poezibao. Il ne s’agit pas de
fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel
aux informations fournies par les éditeurs.
°Roberto Juarroz, Poésie et création,
José Corti
°Guillevic, Ce Sauvage, Érès
°Benoît Casas, Il était temps, suivi
de Cap, Wharf/Nous
°Manuel Joseph, La Tête au carré, P.O.L.
°René Crevel, Elle ne suffit pas l’éloquence,
Les Hauts-fonds
°Coll., Disputation XXI, Hapax
°Revue Po&sie n° 130
°Abbas Kiarostami, Havres, Érès
°Nadine Cabarrot, Deltas, Érès
°Fatima Rodriguez, Oblivionalia, Les
Hauts-Fonds
°Jacques Lacarrière, Méditerranées,
Cahiers Jacques Lacarrière 2, Christian Pirot
°Ito Naga, Iro mo ka mo, la couleur et le
parfum, Cheyne éditeur
°Fanny Gondran, Depuis ces lieux épars,
La Passe du vent
°Cahiers Robert Rius, n° 1
Notices détaillées de chacun de ces livres en cliquant sur
« lire la suite de…. »
•Roberto Juarroz
Poésie et création
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Fernand Verhesen
coll. Ibériques, José Corti, 2010
19 €
Peut-on définir la poésie ? Le poème comme organisme incomplet. La parole et le
silence. Renoncements de la poésie moderne. Nécessité et intensité de la parole
dans le poème. La poésie est reconnaissance de l’absurde et de l’anti-absurde.
Le poème devant l’abîme de la condition humaine. La reconnaissance totale du
réel. Poésie et philosophie. Disponibilité du poète. Poésie et expérience de la
mort. La poésie comme forme périssable et comme présence. Poésie et art. Le
poète et sa vision du monde. Poésie, connaissance et sagesse. Le bouddhisme
Zen. La mystique. Possibilité d’une synthèse des possibilités humaines. Science
et humanités. Nécessité d’un penser majeur. Poésie, reconnaissance et
création de réalité. Poésie et métaphysique. Poésie et idéalisme. La poésie
comme regard à partir des limites et le poète comme voyant. Heidegger. La
fondation de l’être par la parole. Revers, antithèse et recherche d’une
troisième dimension poétique. L’irrationnel et le plus que rationnel.
La poésie devant l’éthique, l’esthétique et la gnoséologie. Toute poésie est
une éthique profonde. La poésie est-elle une «consolation»? Une aventure
nécessaire.
C’est en 1987 que Jean-Pierre Sintive publia aux éditions Unes
cette réflexion intemporelle qui fit beaucoup pour la découverte de Roberto
Juarroz en France, et que les éditions Corti reprennent aujourd’hui.
•Guillevic
Ce Sauvage
Poème
Coll. Po&Psy, éditions Erès, 2010
10 €
Sur la collection :
« Une fois n'est pas coutume, avec le printemps, nous souhaitons vous
faire partager une expérience poétique ! Peut-être n'avez-vous pas noté « la
douce utopie » (Pascale Janot) à l'origine de la création en 2009 d'une collection
de poésie chez Érés... Trois premiers titres La ballade de l'ancien asile de Paolo Universo, traduit de
l'italien par Pascale Janot et Danièle Faugeras, Lenteur des foudres de François Migeot, Pas simple en ce monde d'être né humain de
ISSA, suivis en 2010 de trois nouveautés Ce sauvage de Guillevic, Deltas de Nadine Cabarrot et Havres d'Abbas Kiarostami traduit
du persan par Tayebeh Hashemi et Jean-Restom Nasser.
« La poésie est ce qui permet de tenir.
Elle est en moi un courant vital, fondamental, qui agit à la façon d'un sixième
sens et me met en communication avec les choses tangibles et non tangibles de
ce monde. Pour un peu je dirais : avec l'essence de ce monde.
Besoin de faire naître et de recueillir en moi ce courant. Quand il ne passe
pas, je suis sans énergie, absent de moi-même, quand il circule, la vie me
devient présence. Je communique avec le courant du
monde extérieur et celui du monde intérieur. Je communique et je communie.
Le poème est l'accumulateur qui transmet, révèle ce courant, à la fois pour moi
et pour ceux qu'il touchera. » (Guillevic)
L’œuvre poétique de Guillevic (1907-1997), reconnue en France comme l’une des
plus originales de la seconde moitié du XXe siècle, a poursuivi pendant des
décennies un « creusement » persévérant de l’exploration de l’« ici-maintenant
» d’un réel concret et palpable. Couronnée par le Grand prix national de poésie
en 1984, son rayonnement est international.
La bibliographie de Guillevic compte une centaine d’ouvrages en collaboration
avec des peintres, dont Dubuffet, Léger, Manessier, Bazaine, Cortot, Pouperon,
Sylvère, Baltazar… Son œuvre est mise en musique par un nombre croissant de
compositeurs en France et à l’étranger. Elle est traduite en une cinquantaine
de langues et diffusée dans plus de soixante pays. Guillevic était lui-même
traducteur de l’allemand (Hölderlin, Heine, Trakl, Stadler, Rilke, Brecht…) et
co-traducteur de nombreux poètes hongrois, russes, macédoniens, roumains,
finnois, arabes… (sur
le site de l’éditeur)
•Benoît Casas
Il était temps (Sonate pour
mégaphone) suivi de Cap
Coédition Wharf, Centre d’Art contemporain de Basse-Normandie et Nous, 2010
14 €
il était temps est une version courte
(pour la scène) de la cinquième séquence-livre de Di.e. C’est à la fois un livre de poésie visuelle et un livre de
poésie sonore, le livre est une sorte de poème-partition en vue de son exécution
publique. Subjectivation, érotisme, langage, captation, répétition,
spectralité, voix : il était temps est un poème qui se pose la question de
son impact, de son adresse. (Prière d’insérer)
Benoît Casas est poète, plasticien, éditeur. Il travaille et expérimente
plusieurs champs artistiques qui vont de la poésie écrite et performée, à la
pratique de la peinture et photographie. Le voyage et le déplacement sont des
données fondatrices de sa pensée et d'une situation géographique « instable ».
Il poursuit actuellement son triptyque de voyage en Italie, Talia tour. L'édition d'ouvrages
philosophiques et de textes inédits est une de ses occupations journalières.
•Manuel Joseph
La Tête au carré
P.O.L., 2010
18 €
Plus que dans aucun de ses précédents livres, Manuel Joseph se montre dans La Tête au carré un écrivain du
montage. Le film, le texte, ce serait celui du monde violent, le nôtre tel
qu'il tue et mutile, tel qu'il expulse et déplace, de Gaza aux banlieues. Ce
texte est fait d'éléments en principe hétérogènes que le montage, précisément,
associe, fait résonner, oppose et juxtapose non pas au hasard mais selon une
logique de la sensation et de la prise de conscience, tandis qu'un personnage
récurrent, Elsa, sorte de surperwomen tueuse et cruelle prend en charge une
narration bousculée.
Pour lire les premières pages, suivre
ce lien
•René Crevel
Elle ne suffit pas l’éloquence
Gravures de Jean-Pierre Paraggio, postface de Michel Carassou
Les Hauts-Fonds, 2010
sur le site de l’éditeur
13 €
S'il est une figure du groupe surréaliste qui n'a pas filé d'œuvre poétique
spécifique, c'est bien René Crevel. À tel point que ses poèmes en vers ou en
prose semblent se couler dans une œuvre narrative prégnante tout à la fois
inventive et discursive. Sans doute Crevel n'a-t-il pas souhaité donner à sa
poésie davantage d'éclat que ce reflet mat et dur privé de ciel que charrient
les fleuves des villes. Mais c'est précisément cette présence physique du temps
dans ses poèmes, toute de violence existentielle, qui a instillé l'idée de ce
volume. La trame éditoriale en est on ne peut plus simple. Il s'est agi de ne
rien forcer. Le livre suit les publications séparées de Crevel de façon
chronologique. Ce sont pour l'essentiel des textes de création, sans objet
théorique ou réflexif : ses poèmes en vers (aisément identifiables,
certains ont été prélevés dans des narrations), quelques autres en prose, tous
textes qu'il a publiés à part en revue ou isolés de son œuvre narrative parfois
sous forme de « bonnes feuilles ». Tant René Crevel, fidèle en cela à
la révolution surréaliste, a fait oeuvre poétique et non une œuvre poétique ...
(site de l’éditeur)
•Collectif
Disputation XXI
coll. Langage critique, Hapax
15 €
« Seul un dieu ou un diable pourraient déclarer définitive la péremption
des genres : « La poésie, c’est le roman, à jamais ».
Seul un homme pourrait dire l’éternelle valeur des genres : « Le roman, c’est
le roman, et la poésie, la poésie, à jamais ».
Seul un démon ambivalent pourrait décréter : « L’histoire n’existe pas ».
Seule bête, fleur ou pierre pourraient penser : « Les genres n’existent pas ».
Dieu, diable, démon, bête, fleur, pierre, ne commettent pas d’erreurs. Ils
peuvent seulement être dans l’erreur. » (Philippe Beck)
Deux querelles ont surgi récemment dans le microcosme poétique, l’une relative
à la critique, l’autre à propos de la rivalité entre poésie écrite et poésie
scénique.
Jean-Marc Baillieu, Jean-Pierre Bobillot, Philippe Boisnard, Eric Houser,
Samuel Lequette, Jean-Claude Pinson, Fabrice Thumerel, François Vaucluse,
précisent les enjeux de la polémique et prennent du recul sur quatre problèmes
fondamentaux : le vers, les genres, la voix et la scène,
enfin le discours critique.
Lire
en avant-première Disputatio XXI avec Calaméo.
Voir aussi sur
libr.critique et ici
aussi
•Revue Po&sie
N° 130
20 €
Au sommaire de ce numéro 130, deux importants dossiers l’un consacré à Ingeborg
Bachmann et l’autre à Giuseppe Ungaretti. Avec aussi des textes de Jean Metellus
sur Haïti, Michel Deguy.
Poezibao reviendra plus en détail
prochainement sur ce numéro, dans la rubrique Le livre du jour.
•Abbas Kiarostami
havres
coll. Po&psy, éditions Erès
10 € - site de l’éditeur
Sur la collection, voir plus haut note sur le livre de Guillevic.
Abbas Kiarostami est né à Téhéran en 1940, où il vit et travaille en tant que
réalisateur, scénariste et producteur de cinéma ; il a signé plus de 40
films, parmi lesquels Où est la maison de
mon ami (1987), Close-up (1990), Et la vie continue (1991), Au travers des oliviers (1994), Le goût de la cerise (1997 - Palme d'or
festival de Cannes), Le vent nous
emportera (1999 - prix de la Mostra de Venise), Ten (2002). C'est aussi un photographe reconnu, dont les œuvres
sont exposées dans le monde entier. Deux recueils de ses poèmes ont été publiés
en version française : Avec le vent,
P.O.L. 2002 ; Un loup aux aguets,
La Table ronde 2008.
« Pourquoi la lecture d'un poème excite-t-elle notre imagination et nous
invite-t-elle à participer à son achèvement ? Les poèmes sont sans doute
créés pour atteindre une unité malgré leur inachèvement. Quand mon imagination
s'y mêle, le poème devient le mien. Le poème ne raconte jamais une histoire, il
donne une série d'images. Si j'ai une représentation de ces images dans ma mémoire,
si j'en possède les codes, je peux accéder à son mystère. L'incompréhension
fait partie de l'essence de la poésie. [...] Une image ne représente pas,
ne se donne pas en représentation mais annonce sa présence, invite le
spectateur - le lecteur - à la découvrir. » (A. K.)
Toute l'œuvre d'Abbas Kiarostami est tendue vers le retrait et l'épure :
soustraire pour mieux montrer, s'abstraire de la contrainte de la narration
pour inventer des formes d'écriture en résonance plus grande avec la nature,
qu'il associe au sacré dans la droite ligne des poètes et des peintres persans.
•Nadine Cabarrot
Deltas
Carnets de voyage
coll. Po&psy, éditions Erès
10 € - site de l’éditeur
Sur la collection, voir plus haut note sur le livre de Guillevic.
« Cela commence en Camargue. Contre-jour du soir. Jeu d'approche entre
l'œil, le soleil, les brindilles et l'eau. Quelque part avant le noir, les
herbes deviennent des signes fugaces. Concrétion d'imaginaire. Rêverie sans
grammaire. Désir d'ascèse. » Ainsi le rendez-vous photographique de Nadine
Cabarrot va devenir une aventure calligraphique qui se poursuivra, de delta en
vallée, de désert en delta sur les lieux de quatre destinations mythiques (des
Saintes Maries de la Mer à Port Saïd, de Saigon à Tibériade) .
Les quatre carnets de voyage réunis ici sous le titre-lettre de Deltas rapportent la
pérégrination de l'auteure en quête de ces « écritures d'eau » :
atmosphères de terrain, saisies au hasard de la rencontre des gens et des
choses. Aucunement une légende. Une profondeur de champ. Et l'on ne s'étonnera
pas si Nadine Cabarrot a recours à la forme exigeante du haïku, dont le travail
est si proche du cadrage photographique, pour restituer cette expérience
poétique de la présence au monde et à soi-même.
Nadine Cabarrot est née en 1953 dans le sud-ouest de la France. Photographe et
comédienne, cofondatrice de la Cie l'Albatros qui se consacre exclusivement à
la mise en scène de poésie. Deltas
est son premier recueil publié.
•Fatima Rodriguez
Oblivionalia
traduit du galicien par Vincent Ozanam, préface de Maria osa Lojo, gravures
d’Anne-Sophie Gilbert.
Les Hauts-Fonds, 2010 – site
de l’éditeur – lire un extrait
13 €
« Musique dans le vide, celle de ces poèmes qui déchirent et suturent, qui
ouvrent la porte arrière du temps, la mansarde du désir, les secrets et les
trésors obscurs, pour faire jaillir le clair écho de la voix la plus primitive.
»
•Jacques Lacarrière
Méditerranées
Cahiers Jacques Lacarrière 2
Coll. Chemins faisant, Christian Pirot, 2010
10 €
Consulter la rubrique Le
livre du jour, où ce Cahier a été longuement présenté.
•Ito Naga
Iro mo ka mo, la couleur et le parfum
Coll. Grands Fonds, Cheyne Éditeur
15 €
Contrairement à ce qu'on serait tenté de croire, il ne s'agit pas ici d'un
rapport ethnographique sur le Japon, sa culture, ses mœurs, ses coutumes, mais
d'un regard tendre, patient et souvent amusé, ouvert à la poésie de l'infime et
du subtil dont les Japonais font leur quotidien. L'enchantement que fait
partager Ito Naga, l'auteur de "Je sais", ne procède nullement de la
démonstration : il naît de l'observation simple, de l'attention gourmande à la
surprise de l'instant, dessin d'un geste, forme d'une feuille, lointain
déconcertant d'un mot... Ainsi, selon sa manière propre, suggestive et
allusive, l'auteur de "Iro mo ka mo, la couleur et le parfum", suscite
chez le lecteur un trouble heureux en lui offrant d'atteindre, sous les
apparences, le secret que révèle la rencontre avec l'autre. Carnet de bord d'un
périple amoureux, ce livre restitue l'émotion intime, et comme étonnée
d'elle-même, qui nous saisit quand s'ouvre à nous l'inconnu. (Jean-Pierre
Siméon, dos du livre)
•Fanny Gondran
Depuis ces lieux épars
3 poèmes / 3 nouvelles
La Passe du vent, 2006
8 €
Fanny Gondran publiera prochainement un livre aux éditions Tarabuste. Elle
avait publié Depuis ces lieux épars,
en 2006.
C'est depuis toujours une voix rare, où se mêlent continuellement, avec pudeur
et délicatesse, prose poétique et poésie narrative. Fanny Gondran publie peu,
mais les nouvelles et les poèmes épars qu'elle nous offre ici interrogent non
seulement nos émotions immortelles mais encore, et singulièrement, notre pensée
en mouvement. Fanny Gondran n'est pas, malgré sa haute discrétion, un écrivain
consensuel. De son œuvre se dégage un féminisme, certes revenu de toutes les
utopies des années 70 mais un féminisme à la voix tendre et claire. Son chant,
humblement, nous rappelle à l'ordre ou au désordre le plus insensé, donc le
plus profond. (Dos du livre)
•Cahiers
Robert Rius
édités par l’Association pour la Mémoire de Robert Rius
n° 1, hiver 2009-2010
pour en savoir plus,
consulter ce site