Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.
Cette semaine Poezibao
a reçu :
°Bernard Heidsieck, Publicité, A.s.p.e.c.t
°Etienne Faure, Vues prenables, Champ
Vallon
°Jean-Pierre Bobillot, Poésie sonore,
Le Clou dans le fer
°Christophe Petchanatz et Ivar Ch’vavar, Hon,
l’être, Le Corridor bleu
°Pierre Drogi, Encordelé, cahier de
bouche et autres textes, A.s.p.e.c.t
°Revue Europe, n° 962-963, « Ossip
Mandelstam »
°Richard Rognet, Un peu d’Ombre sera la
réponse, Gallimard
°Anthologie de l’Oulipo,
Poésie/Gallimard
°Armen Tarpinian, Le Chant et l’Ombre,
La Part Commune
°Olivier Harlingue, Sans Condition,
Blanchot, la littérature, la philosophie, l’Harmattan
°Francesca Y. Caroutch, Clameurs nomades,
Éditions du Cygne
°Dix sept poètes turcs contemporains,
l’Harmattan
°Poètes de l’au-delà, anthologie,
Feedbooks (format électronique)
Notes détaillées sur chacun de ces
livres dans la suite de note
Bernard Heidsieck
Publicité
Avant-propos de Jean-Pierre Bobillot
Éditions A.s.p.e.c.t, 2008
20 € (CD audio inclus)
« Publicité » est tiré des 29 Passe-partout. Le poème est accompagné d’un CD et d’une importante introduction de Jean-Pierre Bobillot. « À l’instar de Serge Eisenstein davantage préoccupé par les juxtapositions de plans, Bernard Heidsieck est un explorateur – un rouleau d’adhésif et une paire de ciseaux, à la main – des possibilités du montage sonore artisanal[...] Étranger, et il est bel et bien étranger, aux différends entre partisans de la poésie sonore et partisans de la poésie écrite, il ausculte souffles et respirations brèves, échos et battements, paroles et silences… qu’on ne trouve dans aucun Grand Dictionnaire. »
Etienne Faure
Vues prenables
Champ Vallon, 2009
12 € - sur
le site de l’éditeur
« Où se jouent et se donnent à voir toutes les nuits des vies sur les planches, dans la rue, dans le rapide frôlement des âmes, les pas perdus de Nadja qui s’éloigne, en vues non pas privées mais prenables où l’œil s’étonne, déjoue le temps puis passe sous le théâtre des opérations » (Etienne Faure, dos du livre).
Jean-Pierre Bobillot
Poésie sonore
Éléments de typologie historique
Éditions Le Clou dans le fer
14 € - sur le
site de l’éditeur
Les poésies globalement qualifiées de « sonores » ont une longue histoire, encore très méconnue, qu’on peut faire remonter jusqu’en 1908, voire 1878. Elles se caractérisent par un certain usage de la voix (en général, la voix propre du poète) et/ou de la technologie de l’enregistrement, du traitement et de la restitution de la voix (la voix, mais également tout autre objet sonore ou « bruit »), dès la conception et/ou l’élaboration même de l’œuvre. D’un côté, donc, le corps proférant, en scène ou en studio ; de l’autre, le phonographe, le microphone, le magnétophone, aujourd’hui l’ordinateur. Elles se traduisent par une relativisation du Livre au profit du live, du disque, du livre+disque, du disque+livre, d’Internet, etc. et s’inscrivent volontiers en faux dans le dispositif et l’idéologie du tout-communicationnel de la société post-industrielle : elles incarnent le bruit du vivant. Ça ne veut pas rien dire. Je cherche le sonore du temps. « (Dos du livre)
Christophe Petchanatz et Ivar Ch’Vavar
Hon, l’être
Poème en dix-huit chants
le Corridor Bleu, 2009
11 € - sur le site de l’éditeur
Hon, c'est l'homme dévalé, au sens heideggerien (le « on »),
mais il monte, en descendant. Il
trouve dans l'abjection la voie de sa grandeur.
Hon, c'est la honte. Mais c'est l'être qui part de là.
Hon, c'est le M. Ouine de Bernanos mais avec encore assez de ressort pour
rebondir en tout lieu et en tout temps.
Raclure de l'être, à s'y vautrer, il n'en ranime pas moins l'étincelle.
Hon rencontre ses doubles et ses contraires — et quelques femmes : Eva Braun,
Alice, ma sœur et sa copine… Il va par des paysages fermés qui s'ouvrent en se
déchirant. — Sur le fil de l'horizon le porte son dernier dandinement.
Tout scrotum et rectum, Hon, il sent le pal. Le pal cosmique. Il est mis. Mis,
il est. C'est la condition humaine, même. « Jeté là », dit r'Heidegger, — mis
là : car c'est ça.
Féminité de l'homme, Hon, qui ressent
peut-être plus profondément encore que la femme ce que c'est, d'être forcé. Et
fécondé.
Aussi viril soit-il, l'homme prend toujours son plein (de sens) par le
derrière. Homme mis. Heidegger (ter)
dirait : approprié.
Ce poème — roman, confession ? — est une expérience d'écriture extrême. Qui
s'est poursuivie en « feuilleton » du n°21 au 39 de la revue Le Jardin ouvrier, par un échange —
parfois conflictuel — entre Jean-Hubert B. (Christophe Petchanatz) et Agénor
Mononcle (Ivar Ch'Vavar). (Dos du livre)
Pierre Drogi
Encordelé, cahier de bouche et autres
textes
A.s.p.e.c.t, 2008
9 €
Ce livre reprend trois cycles (encordelé, 2004, cahier de
bouche, 2006, clos et givre,
1996), sous le signe du lien et de la traversée, du fil sur lequel on funambule
et de la corde qui étrangle. encordelé est
ici reproduit dans sa version courte, abrégée d’une dizaine de pages. La
section « concierge des poissons » a fait l’objet d’une première
publication dans la revue Po&sie,
en 2007 ; « encordelé » et « encordelé velu » ont
donné lieu à deux livrets d’artiste de la collection 5/5 aux éditions TranSignum.
« La voix, à cette heure, me paraît le seul instrument susceptible de
glisser les mots comme pâture et nourriture sur une langue azyme. Viatique,
peut-on espérer ».
Revue Europe
n° 962-963, juin-juillet 2009
« Ossip Mandelstam »
18,50 €
L’essentiel du numéro est consacré à Ossip Mandelstam avec des textes du poète, des contributions notamment de Marc Weinstein, Laure Troubetkoy, Jean-Claude Schneider, Pavel Nerler, Boris Kouzine, etc. Dans le Cahier de création, deux textes de Bernard Vargaftig.
Richard Rognet
Un peu d’Ombre sera la réponse
Gallimard, 2009
17 €
« Jamais, je n’aurais
cru qu’autant d’ombres
aient pu s’attacher
ainsi à mes flancs
Je les sens vibrer
contre moi, comme
un habit de nuages, »
Après, pour ne citer que les plus récents Dérive du Voyageur (2003), Le Visiteur délivré (2005) et L e Promeneur et ses ombres (2007), un nouveau livre du poète Richard Rognet.
Collectif
Anthologie de l’Oulipo
Édition de Marcel Bénabou et Paul Fournel
Poésie/Gallimard
« L’Ouvroir de Littérature Potentielle (Oulipo) œuvre sous contrainte, la chose est connue. Mais si beaucoup a été écrit sur son travail, jamais autant de textes, aussi divers, n’ont été rassemblés en un volume unique. Il y avait quelque gageure à oser tenter un tel tri : en près de cinq millénaires (car l’Oulipo compte chaque année d’activité pour un siècle), les trente-cinq membres du groupe, et non des moindres (d’ailleurs, il n’y a pas de moindre en son sein), ont créé des milliers d’œuvres oulipiennes. Mais le défi a été relevé. Dans cet ouvrage, très complet, les Oulipiens parlent de la ville, de l’amour, des livres, du souvenir. Ces thématiques rendent visible une cohérence nouvelle, un goût commun pour le jeu virtuose, la mémoire collective et l’humour. Pour le plus grand plaisir du lecteur, la langue, come le poème, a ici kekchose d’extrême. » (Prière d’insérer)
Armen Tarpinian
Le Chant et l’ombre
Poèmes (1945-2005)
Préface de Robert Misrahi
La Part Commune, 2009 – sur le site de l’éditeur
Armen Tarpinian a publié ses premiers poèmes, en 1953, sous
le titre Le Chant et l’Ombre aux
éditions de L’Arche, ce qui lui valut de figurer dans l’Anthologie de la Poésie Nouvelle de Jean Paris, parue en
1956. Comme le montrent les lettres publiées en fin de livre, René Char et
Gaston Bachelard tenaient son œuvre en vive estime. Conservant son premier
titre, il nous offre ici un choix de textes de soixante années discrètes mais
profondément fidèles à la poésie.
Ce long chemin est jalonné par la recherche d’harmonie d’une vie née dans la
première partie du siècle le plus cruel de l’histoire. Psychothérapeute, les
souffrances et les attentes vitales qu’il rencontrera nourriront aussi sa
poésie. Celle-ci exprime tant la beauté et le tragique du monde que l’effort de
donner, entre heurs et malheurs, sens à notre vie.(Dos du livre)
Olivier Harlingue
Sans condition
Blanchot, la littérature, la philosophie
Éditions de l’Harmattan, 2009
29 €
« Actualité Blanchot ! au-delà des publications
attendues (tel le colloque de Cerisy 2007 publié par les éditions « Sens
public ») les livres « sur Blanchot » paraissent avec une
régularité impressionnante… Dernier en date Sans condition - Blanchot, la
littérature, la philosophie, proposé par Olivier Harlingue chez
L’Harmattan.
Avec un art consommé du contre-pied Harlingue revendique tout ce qu’une
certaine critique reproche volontiers aux commentateurs de Blanchot :
« considérer Blanchot en lui-même et pour lui-même, c’est-à-dire comme un
absolu ». Dans un rapport hautement philosophique à la
« non-philosophie » initiée par François Laruelle, en s’appuyant sur
une technique phénoménologique assumée et transcendée, l’auteur dégage les
caractéristiques d’une ligne philosophique persistante qui traverse l’œuvre
blanchotienne de part en part. On appréciera la radicalité des positions, la
description scrupuleuse d’un « écrire sans condition » qui montre, a
minima, que la pensée du neutre est tout sauf une neutralisation des
positions et des postures … . « Il s’agit, avec l’incessance du neutre, de
penser une certaine différence indifférente à toutes les formes philosophiques
de la différence. » La preuve par l’écriture que la pensée de Blanchot est
plus que jamais vivante, archi-vivante ; et qu’elle secrète un
« au-delà » de la différence (et de l’altérité) irréductible,
insoupçonnable et inconditionnel… » (Note de Didier Cahen)
Francesca Y. Caroutch
Clameurs nomades
Éditions du Cygne, 2009
12 € - sur
le site de l’éditeur
« ″Vous avez le Signe″, écrivit Gaston Bachelard à Caroutch, lycéenne qui venait de publier Soifs. Les critiques ont souvent souligné le fait que la poésie de Francesca Y. Caroutch tend vers le retour à l’unité, dans la lumière. Art de transmutation, aspirant à la vacuité étincelante et nue d’où tout émane et où tout se résorbe, dans un flamboiement de saisissantes images. Poésie mystique et charnelle, tellurique, proche, parfois, de l’univers féerique. Francesca Y. Caroutch est un écrivain aux identités multiples. Son écriture agit sur le lecteur prêt au voyage intérieur comme un charme au sens étymologique du terme. » (Dos du livre)
Dix sept poètes turcs
contemporains
Éditions de l’Harmattan, coll. Levée d’ancre
13 € - sur
le site de l’éditeur
Le choix des poètes de cette anthologie revient à Metin
Cengiz, poète, essayiste, traducteur et éditeur.
Poètes : Ahmet Oktay, Cevat Capan, Özdemir Ince, Fikret
Demirag, Ataol Behramoglu, Güven Turan, Mehment Taner, Gülseli Inal, Sina
Akyol, Ayten Mutlu, Tugrul Tanyol, Metin Cengiz, Hüseyin Ferhad, Enver Ercan, Yavuz
Özdem, Mustafa Köz, Küçük Iskender
Traduits du turc par Elip Alkansu, Yasar Avunc, Galip Baldiran,
Mustafa Balel, T. Celal,Metin Cengiz, Aja Clavier, Mustafa Durak,
Ferda Fidan, Pascale Gisselbrecht, Gül Ilbay, Mustafa Köz, Yavuz Özdem, L.
Vekilli, Reha Yünlüel et Gérard Augustin
A signaler également :
Poètes de l’Au-delà, une anthologie des poètes francophones du xixe siècle ayant œuvré dans le fantastique, le
merveilleux scientifique, la féerie et la fantasmagorie et compilée par Sylvain
Fontaine.
41 auteurs, 308 poèmes. On retrouvera presque tous les grands noms du xixe
siècle, de Baudelaire à Verlaine, mais aussi des gloires tombées dans un oubli
relatif (Albert Samain, Catulle Mendès…), et même des seconds couteaux de
l'époque (Philothée O’Neddy, Jean Rameau…).
Seulement une poignée de Canadiens et de Belges, et une seule femme, mais ce ne
sont pas les moindres. Édition électronique uniquement, libre de droits et
téléchargeable gratuitement à
cette adresse :
Outre le format pdf, sont disponibles les formats actuels de livre électronique
(iLiad, Kindle, iPhone et iPod Touch, Cybook, et PDA.)
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