« Là où il associe le vers et la prose, Bonaviri est le
plus novateur. [Dans L’incominciamento], il alterne les proses et les poèmes noués autour d’un thème
identique. Deux traitements stylistiques résultent de ce parti pris. Comme si
prose et poésie était sommés de mêler leurs attributs pour chanter la louange
du créé ou, encore, interpréter les mystères. Bonaviri part du moi privé pour
finir par évoquer la palpitation de l’univers dans un mouvement panique [...]
Puisant dans les métaphores médicales et scientifiques, le médecin-écrivain
Bonaviri renouvelle vigoureusement le langage poétique. Il greffe la tradition
littéraire sur l’oralité tout en faisant un large usage des dialectes siciliens
et des archaïsmes. Il se veut ubiquitaire et atopique. »
Philippe di Meo, extrait de l’introduction à un choix de traductions de L’incominciamento, publiées dans l’un des deux numéros spéciaux de la revue Po&sie, consacrés à la poésie italienne, ″30 ans de poésie italienne″, 1, p.
163.
Giuseppe Bonaviri est né le
11 juillet 1924 à Mineo, en Sicile. Fils
d’un tailleur, il étudiera la médecine à Catane, soutiendra sa thèse en 1949 et
exercera longtemps la cardiologie à Frosinone, au sud de Rome.
Son œuvre a commencé à être traduite en français à partir de 1973. Il fut
également le fondateur du Livre de pierre, anthologie de poèmes
lapidaires commandés à des poètes du monde entier. Il est mort le 21 mars 2009.
bibliographie (en
italien)
Il sarto
della stradalunga, Einaudi, 1954
La contrada degli ulivi,
Einaudi, 1956
Il fiume di pietra,
Einaudi, 1964
La divina foresta,
Rizzoli, 1969
Notti sull’altura,
Rizzoli, 1971
L’isola amorosa, Rizzoli,
1973
La Beffària, Rizzoli,
Milano, 1975
Martedina, Editori
Riuniti, 1976
Il dire celeste, Editori
Riuniti, 1976
Dolcissimo, Rizzoli,
1978
Novelle saracene, Rizzoli,
1980
O corpo sospiroso,
Rizzoli, 1982
L’incominciamento,
Sellerio, 1983
Il dormiveglia, Mondadori,
1988
Ghigò, Mondadori, 1990
Il re bambino, Mondadori,
1990
Il dire celeste, Mondadori,
1993
Il dottor Bilob, Sellerio,
Palermo, 1994
En français
Des nuits sur les hauteurs, trad.
Jacqueline Bloncourt-Herselin, Denoël, Paris, 1973
La Divine Forêt, trad. U.E. Torrigiani,
Denoël, 1975
Le Fleuve de pierre, trad.
U.E.Torrigiani, Denoël, 1976
Le Tailleur de la grand-rue, trad.
U.E. Torrigiani, Denoël, 1978 ; Gallimard, 1989
Le Poids du temps, (récit-journal),
trad. Gabrielle Cabrini, Denoël, 1980
Le Dire céleste, prose et poèmes,
précédé de Martedina, trad. Jacqueline Bloncourt-Herselin, Denoël, 1982
Contes sarrasins, trad. Jacqueline
Bloncourt-Herselin, Denoël, 1985
Dolcissimo, trad. Jacqueline
Bloncourt-Herselin, L’Arpenteur-Gallimard, 1989
Le Murmure des oliviers, trad.
Jacqueline Bloncourt-Herselin, Verdier, 1990
Ghigò, trad. René de Ceccatty,
Hatier, 1990
La Dormeveille, trad. Jacqueline
Bloncourt-Herselin, L’Arpenteur-Gallimard, 1993
O corps soupirant, trad. Monique Bacelli, Arfuyen, 1994
Silvinia ou le voyage des égarés,
trad. Jacqueline Bloncourt-Herselin, Mille et une nuits, 1996
Des textes de Giuseppe Bonaviri, dans des traductions de
Philippe di Meo ont paru dans :
La Nouvelle revue française, octobre
2007 ; n° 583, p. 205 et svt
et dans Po&sie,
n° 109, p. 163 et svt.
liens
fiche sur le site
de Verdier
Site de la Fondazione
Giuseppe Bonaviri (en italien)
Bonaviri dit un de ses poèmes (YouTube, en italien)