Cette rubrique suit l’actualité
éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes
critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par
les éditeurs. Certains points de vue ou remarques sont toutefois le fait de la
rédaction et sont alors précédés de la mention ndlr.
Parmi les livres récemment
reçus par Poezibao :
André Laude, Œuvre poétique, La Différence
Hélène Dorion, Le Hublot des heures, La Différence
Jean-Claude Pirotte, Revermont, Le Temps qu’il fait
Lucien Suel, Mort d’un jardinier, La Table ronde
Dorothée Volut, Alphabet, Eric Pesty
Revue If, n° 32
Revue Passage d’encres, n° 33,
poésie : numérique
Amina Saïd, Tombeau pour sept frères, Al Manar
Collectif, Poétique(s) du numérique,
éditions l’Entretemps
Jean-Pierre Chambon, Le petit livre amer, Voix d’encre
revue Midi, n° 28
Yves Leclair, Suite du voyageur sans titre, Librairie la Brèche
revue Autre Sud, n° 41, 10e anniversaire
Poezibao a décidé de soutenir l’initiative de Place des Libraires et donne donc aussi souvent que possible, pour chaque livre, un lien vers le site de ce réseau de libraires indépendants qui tentent d’exister en face des géants de la distribution de livres en ligne.
André Laude
Œuvre poétique
Avant-dire de Abdellatif Laâbi, préface de Yann Orveillon
Éditions de la Différence, 2008
735 p. 49 € - sur le site Place des Libraires
« Toute
mon expérience poétique s'articule autour de cette perspective : la poésie doit
changer la vie. »
Né en 1936 à Paris. Anarchiste à quinze ans, proche des marxistes et des
situationnistes, André Laude choisit de défendre la cause des opprimés. L'Algérie
sera son premier combat. Arrêté, puis amnistié, il parcourt le monde à la
rencontre de ses pairs, écrivains et militants, et participe à la fondation de
l'agence de presse nationale d'Algérie. De retour en France, il travaille pour
La Tribune socialiste, Le Monde, France Culture avant de connaître une triste
fin : « À bout de ressources, socialement rejeté toujours plus loin,
malade d'alcool et de désespoir, épuisé physiquement et psychologiquement,
André Laude s'est laissé glisser. Le 24 juin 1995, il est parti… »
« Au moment où d'aucuns s'évertuaient à immuniser la poésie contre le
lyrisme et les interférences du bruit et de la fureur du monde, il rouvrait les
vannes de la subjectivité et imprimait dans la chair du poème les
bouleversements tragiques de ce monde. Rebelle fulminant d'un bout à l'autre de
sa vie et de son œuvre […] » (Abdellatif Laâbi)
« André Laude ne possédait rien, à part le malheureux vestiaire qu'il
portait sur le dos, rien […] Et, à part son œuvre, il n'a rien laissé : son
oeuvre poétique publiée en recueils, mais aussi ses livres, et un volume aussi
important de poèmes épars dans une dizaine de revues ou dans des sacs
plastiques de grandes surfaces laissés ici ou là en attendant. » (Yann
Orveillon)
Hélène
Dorion
Le Hublot des heures
Éditions de la Différence, 2008
10 € - sur le site Place des Libraires
« En
cet instant, tu ressens,
profond, ton besoin d’espace,
ce temps qui scintille
à la surface de l’eau »
La relation, sur le mode du poème, d’un voyage de retour en avion. Où il s’agit
par le « hublot des heures », du rêve de « toucher la peau
fragile du temps ».
Jean-Claude
Pirotte
Revermont
Le Temps qu’il fait, 2008
16 € - sur le site Place des Libraires
« Ecrit
comme un journal entre octobre et Noël, sous l’invocation des écrivains aimés, ce
livre de poèmes a des accents mélancoliques et même testamentaire. Chassée
parfois par la lumière de ce coin du Jura que le poète habite, c’est pourtant l’ombre
qui domine, propice aux ruminations de la mémoire et accueillante aux regrets. ″Mais
il nous reste un peu de rage/au cœur un brin d’amour humain/le tenace espoir
que demain/nous serons élus par l’orage » – et le musique entêtante de la prosodie
de Pirotte » (dos du livre)
Lucien Suel
Mort d’un jardinier
La Table Ronde, 2008
17 € - sur le site Place des Libraires
Extrait : « Tu avales
les moucherons en descendant la côte à toute vitesse bouche grande ouverte, tu
te méfies des perce-oreilles mais tu accordes ta confiance aux cochons de saint
Antoine, tu combats les guêpes mais protèges les abeilles, tu arraches les
pattes et les ailes des mouches mais tu ne touches pas aux fourmis, tu te
couches sans regarder sous ton lit, de temps en temps tu pisses dedans alors tu
pries Sainte Rita la patronne des causes désespérées mais pour toi c’est aussi
une gaufrette à la crème vanillée »[...](p. 65)
Dos du livre : Le narrateur de ce roman s’adresse à un homme au travail
dans l’espace de son jardin. Un accident cardiaque frappe le jardinier. Dès
lors, un flot traverse sa conscience. Images, sons, odeurs, souvenirs, réminiscences
littéraires et musicales, sensations, visions se succèdent et s’entremêlent
tandis qu’il s’éloigne, au fil du temps et des mots, des êtres qu’il a aimés.
Dorothée Volut
Alphabet
Eric Pesty éditeur, 2008
9 €
Incipit : « je pourrais trouver un terrain d’entente avec moi-même, je pourrais continuer à être heurts et bouts de matières entamées, je pourrais accepter d’être ce que je suis vaillamment sans nécessairement faire de bruit » [...]
Au sommaire de la revue de Liliane Giraudon, Henri Deluy et Jean-Jacques Viton, des poèmes posthumes d’Ingeborg Bachmann et un beau dialogue entre Jean-Christophe Bailly (textes) et Suzanne Doppelt (photos). Mais aussi des contributions notamment de Martin Crimp, Sebastian Dicenaire, Renée Gagnon, Mylène Lauzon, Jérôme Mauche, etc.
Revue Passage d’encres n° 33
Poésie : numérique
20 €
Coordination et maquette,
Alexandre Gherban et Louis-Michel de Vaulchier, artiste invité Philippe
Castellin. Avec des contributions de Philippe Bootz, Serge Bouchardon, Evelyne
Broudoux, Jean Clément, Luc Dall’Armellina, Tibor Papp, Alexandra Staemmer,
Antoine Schmitt, Philippe Boisnard, Francis Edeline.
Autour de questions telles que « la poésie numérique est-elle de la poésie ? »,
ou « un générateur peut-il produire un texte littéraire de qualité »
ou bien encore « Y a-t-il un plaisir du texte dans la poésie numérique ».
Autour de 27 axes qui permettent de faire un tour substantiel de la question.
Amina Saïd
Tombeau pour sept frères
Calligraphies de Hassan Massoudy
Al Manar, 2008
16 €
« Dans la caverne où il s se sont réfugiés puis endormis d'un long
sommeil, sept compagnons s'éveillent de nouveau à la vie. Tour à tour ils vont
prendre la parole et raconter, témoigner, dialoguer...
Ayant confronté les diverses sources à notre disposition, Amina Saïd donne une
version poétique riche en symboles de la belle et poignante légende des Sept
Dormants - les Gens de la Caverne - qui ne cesse depuis des siècles de hanter
l'imaginaire des hommes. En témoignent les abondantes références dans l'oeuvre
des poètes et des mystiques de tous les temps, ainsi que les nombreux lieux de
culte tant en terre chrétienne qu'en terre d'Islam.»
Collectif
Poétique(s) du numérique
éditions de l’Entretemps, coll. l’Electron musagète
19 €
« Quelles pratiques et
formes d’expression s’inventent à travers l’appropriation des technologies
numériques ? En quoi le développement de ces technologies bouleverse les
découpages entre champs disciplinaires, générant des pratiques transversales
liant création artistique, recherche scientifique, développement technologique,
pratiques médiatiques ?
Inversement, comment ces réagencements et recompositions dans les relations
entre champs disciplinaires et usages des technologies nous conduisent-ils à
réviser et à repenser le statut, la place et la fonction de la technique dans
nos pratiques sociales et créatrices ? À travers la mise en jeu d’expériences
et d’expérimentations poïétiques (arts de faire et faire de l’art) se dégagent
des dynamiques et mutations générées par les développements technologiques
actuels dans les pratiques d’invention et de création collective.
Cet ouvrage prolonge la réflexion amorcée lors du colloque intitulé Poétique(s)
du numérique, organisé par APO33 (collectif artistique) et le CERCI (centre
de recherche universitaire), qui s’est tenu à Nantes en 2006 dans le cadre du
festival Scopitone (Olympic, Nantes). Il réunit des acteurs, créateurs et
chercheurs issus d’horizons disciplinaires multiples, autour d’une réflexion
sur les nouvelles formes de création liées aux développements et à la diffusion
des outils numériques (internet, systèmes interactifs, technologies
télématiques, dispositifs évolutifs et/ou distribués, pratiques en réseau ou
collaboratives…). » (dos du livre et site de l’éditeur)
Jean-Pierre Chambon
Le petit livre amer
Gouaches de Nadia Dib
Voix d’Encre, 2008
16 € - sur le site Place des Libraires
« Si le poème n’aspire qu’à "seulement
pouvoir garder l’exact souvenir de la saveur des choses", ceux
assemblés dans ce petit livre laisseront sûrement à la lecture une pointe
d’amertume. Non qu’ils soient abusivement mêlés de tristesse ou dictés par
quelque ressentiment, mais parce qu’ils essaient de rendre, de déposer sur la
langue le fond d’âpreté de quelques menues expériences. Celles-ci remontent à
l’enfance ou reviennent des lointains et conservent leur précieux petit piquant
d’étrangeté. Le poème est suscité par des moments d’éblouissement, et plus
souvent d’éclipse : on y vacille entre un voile d’obscurité et des excès
de lumière - et s’y voit tiraillé entre son ange et son ombre. Heureusement, "quelquefois
le monde s’ouvre par la grâce / de quelques mots comme en un tour de
clef ", même si "les mots dans notre bouche gardent un goût
de faim" ». (Dos du livre)
Revue Midi n° 28
Le numéro, 14 €, abonnement deux numéros, 25 € pour la France
La revue Midi, fondée en 1981, a voulu dès l’origine, faire lire
des poètes qui, dans leurs écrits, abordent le rêve, l’inconscient, la mémoire,
la vie dans la ville, le paysage. Les œuvres des peintres, de graveurs, de
dessinateurs, de sculpteurs, de céramistes et de photographes reproduites dans
la revue relèvent de la même inspiration. Midi se tient délibérément à l’écart
des courants en vogue, en faisant le choix d’auteurs peu connus, en republiant
des auteurs méconnus, en publiant des documents d’archives. Ont ainsi été
reproduites des lettres de Georges Schéhadé et de Jean Paulhan à Suzanne
Tézenas, de Jean Cassou à Luc Dietrich, de Maurice Sachs à Yvonne et René Allendy.
La revue est animée par Françoise Thieck Champin. Au sommaire de ce numéro 28, des
contributions et textes notamment de
Béatrice Casadesus, Joseph Delteil, Colette Thomas, Alain Duault, Pierre Restany,
Jeanine Salesse, Yvon Taillandier, etc. Une des caractéristiques de la revue
est de proposer un cahier complémentaire, dédié aux bio-bibliographies -extrêmement
détaillées et approfondies- des auteurs intervenants dans le numéro.
Yves Leclair
Suite du Voyageur sans titre
Libraire la Brèche, éditions, 2008
6, 90 € - sur le site place des Libraires
« la sagesse et la poésie s’accompagnent l’une et l’autre chez
lui, petites sœurs aux pieds nus, d’un rien effarouchées, si accueillantes à la
tranquille et fragile visitation de l’instant. Chaque instant est évènement,
chaque rencontre est révélation du plus simple, qui est aussi le plus caché »
(Gérard Bocholier, à propos de la poésie d’Yves Leclair, cité au dos du livre)
Revue Autre Sud, n° 41
juin 2008
Numéro spécial 10e anniversaire
15 € (abonnement 1 an, 4 numéros, 42 € pour la France)
Pas de poète invité comme d’habitude pour ce numéro, mais diverses
sections, l’une ″Prose″ pour saluer les compagnons de route (comme Christiane
Baroche), une autre ″Mémoire″ pour évoquer des auteurs récemment disparus (notamment Claude Esteban ou Christophe
Tarkos), et un important dossier consacré au ″Partage des Voix″ où l’on
retrouve Gabrielle Althen, Eric Brogniet, Aimé Césaire, Claude-Michel Cluny,
Patrice Delbourg, Dominique Grandmont, James Sacré et de nombreux autres… ″L’Espace
méditerranée″ accueille notamment André Ughetto ou Frédéric Jacques Temple…..et
les ″Voix d’ailleurs » des auteurs comme Horia Badescu ou Abderrahmane
Djelfaoui.
