• Hackulturation Culture libre, Culture hacker L’Information, Terre Promise enfin découverte par l’humanité ? Nouvel Eden où
l’on ne peut s’installer sans renoncer à toute velléité de domination et
d’exploitation ? Alors que la propriété, le capital industriel, et même les
flux monétaires ont toujours donné prise aux pouvoirs politiques et
économiques, une société fondée sur l’information déjouerait, par nature, toute
tentative pour contrôler, asservir, figer et préempter les ressources.
L’information serait un support trop décentralisé, trop ubiquitaire, pour qu’on
puisse ne serait-ce que l’interdire ou l’exploiter. Si donc la richesse de
l’avenir vit de et dans l’information, Internet réalisera les promesses les
plus anciennes de l’émancipation humaine.
Culture libre, Culture hacker
Les Rencontres Place Publique.
En partenariat avec le cipM, le FRAC PACA, le
Théâtre de Lenche et avec le concours de l'agence régionale du livre PACA
Jeudi 25 octobre 2007 à 18h00 : «
Attitude, manifeste et éthique hacker » Kenneth Mckenzie Wark, essayiste
pluridisciplinaire / Patrice Maniglier, philosophe Stephen Wright, critique
d'art / Alain Giffard, spécialiste des technologies de l'écrit
au cipM / Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité - 13236
Marseille Cedex 02
Vendredi 26 octobre 2007 à 14h30 « Culture libre, institutions culturelles,
économie marchande » Patrice Maniglier, philosophe / Paul Mathias, philosophe Thierry
Crouzet, écrivain et journaliste / Arnaud Esquerre, sociologue
à la Mairie des 2ème et 3ème arrondissements de Marseille 2, Place de la Major,
Salle des délibérations
Samedi 27 octobre 2007 à 14h30 « La culture libre peut-elle briser la chaîne du
livre ? » Patrick Lowie, écrivain, poète et éditeur / Aliette Guibert, éditeur
/ Alain Giffard, spécialiste des technologies de l'écrit
au cipM / Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité - 13236
Marseille Cedex 02
Extrait : Patrice Maniglier , philosophe
Telle a été l’utopie hacker. C’est, à bien y songer, une des seules vraies
utopies contemporaines. Mais tout comme le communisme n’était pas seulement une
idée, mais aussi une pratique, des réseaux de sociabilité, des références
partagées, des techniques d’écriture, de propagande, de militance, tout un
univers qualitatif fait de couleurs, de saveurs, de gestes et de mots – bref
une culture, de même l’utopie hacker est déjà une réalité humaine. Ce sont des
livres et des auteurs cultes (John Brunner, William Gibson…), des pratiques
savantes (la programmation, la cryptographie…), un vocabulaire (le hack, le
phreaking, le crack…), des réseaux de sociabilité, des styles, des personnages,
des réflexes politiques…
En France, on a très rarement pris au sérieux cette culture, aussi bien pour sa
qualité propre, comme réalisation culturelle, que pour ses ambitions
idéologiques. Naïveté américaine, militance au silicone avec nano-dollars à la
clef, enthousiasmes adolescents dont le destin est de finir par nourrir les
cours de Google à la Bourse, ou de quelque autre rival, il est entendu qu’aux
mots “utopie hacker”, un esprit cultivé doit plutôt répondre par un sourire
entendu. Pourtant l’utopie hacker et les nouvelles technologies ne peuvent pas
ne pas retentir sur les pratiques culturelles contemporaines. D’abord parce
qu’elles en changent le mode non seulement de transmission ou de circulation,
mais aussi de production. Ensuite, parce que, depuis Socrate qui refusait de
recevoir de l’argent en échange de ses leçons de philosophie, c’est-à-dire de
vertu, le trafic de la culture a toujours été très problématique pour la
culture occidentale. Ce qui instruit ne se vend pas, mais se donne. Enfin,
parce qu’elle est au coeur des transformations des formes contemporaines de la
propriété, où la propriété intellectuelle prend une place décisive. Les débats
récents sur la licence globale ont montré que ces aspects longtemps méprisés de
la vie économique avaient réellement des retentissements sur les questions
économiques et sociales les plus classiques. Ce que les agités de la Silicone
Valley disaient il y a déjà plus de vingt ans n’était donc pas si absurde…
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