Né le 3 avril 1903, au cœur des paysages de la Marche de Brandebourg qui
imprégnèrent si profondément son univers poétique, Peter Huchel fut reconnu
très tôt pour son talent singulier et couronné, dès 1932, par le prix de la
revue Die Kolonne, à laquelle
collaborèrent, entre autres, Günter Eich et Elisabeth Langgässer. Le projet de
publication, en 1933, d’un premier recueil, Der
Knabenteich (L’Etang de l’Enfance),
demeura sans suite. Après la guerre, Huchel, pressenti par Johannes R. Becher,
fut étroitement associé, à l’Est, à la création de Sinn und Form (Sens et Forme),
une revue littéraire et philosophique de haut niveau qui se voulait au-delà des
clivages idéologiques et dont il devint rédacteur en chef. Le premier numéro
parut en 1948, de même qu’un choix de poèmes, simplement intitulé Gedichte (Poèmes). En désaccord de
plus en plus profond avec la politique culturelle du parti au pouvoir, il fut
limogé en décembre 1962 et assigné à résidence dans un petit village aux
environs de Berlin. Interdit de publication, coupé de tout contact avec le
monde littéraire, il ne reçut l’autorisation de quitter la RDA qu’en avril
1971. Après avoir bénéficié d’une bourse pour la Villa Massimo, à Rome, il se
fixa dans l’ex-RFA, à Staufen en Brisgau, où il mourut le 30 avril 1981. A
l’exception de Poèmes, ses recueils
furent publiés à l’Ouest : Chausseen,
Chausseen (Chaussées, Chaussées,
1963), Die Sternenreuse (La Nasse à Etoiles, 1967), Gezählte Tage (Jours Comptés, 1972), Die neunte
Stunde (La Neuvième Heure, 1979).
Note bio-bibliographie de Maryse Jacob et Arnaud Villani
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