XLIII
L’ombre, avec ses couloirs. Le corps, accoutumé à ses tâtonnements de bête. Où
renaître sans yeux ? Tous les chemins sont morts. Reste le vent qui trace
et qui traverse. D’aussi loin que je peux, je te réponds. Je monte jusqu’à toi,
jour neuf, sous mes écailles
(139)
XLVII
Voici le temps des portes qui se ferment. Les mots sont à l’abri. Ils passeront
l’hiver dans leurs coquilles. Ils dormiront. Au dehors le jardin peut
disparaître. Ils oublieront. Ils confondront le mensonge et l’amour. Voici le
temps des phrases qui durcissent.
(143)
LVI
Dans le dedans de l’été, il y a comme un noyau nocturne qui résiste. Un bloc de froid. Vous l’ignorez, vous qui
passez trop vite. Vous vivez alentour. Vos yeux s’attachent aux reliefs
dociles. Le soleil vous aveuglera. Il déjouera vos plans, vos promesses. Vous
pourrirez comme la paille, avec vos fruits. Vous retournerez à la terre qui
vous répugne. Vous serez ce morceau de gel qui dure dans un trou
(152)
Claude Esteban, trois extraits de « Conjoncture du corps et du jardin », in Le Jour à peine écrit (1967-1992), Gallimard, 2006
Claude Esteban dans Poezibao :
Esteban
Claude,
extrait
1, extrait
2, extrait
3, extrait
4, extrait
5, extrait
6, extrait
7, extrait
8, extrait
9
la
disparition de Claude Esteban,
Le
Matricule des Anges n° 73,
hommage
de Hassan Sadfari, ,
annonce
colloque décembre 2006,,
hommage
à Claude Esteban,
une
note d’Alain Lance pour le premier anniversaire de sa mort,
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