Lecture en forme d’hommage à Philippe Lacoue-Labarthe (Strasbourg)
Samedi 31 mars, 15 heures, Librairie Kléber (Strasbourg)
En présence de Jean-Luc Nancy, Isabelle Baladine Howald, Jean-Paul Gillet, Jean-Clet Martin, Paul Guérin, Anne-Catherine Beck, Paul Schwartz, Gérard Haller, Michel Deustch, Philippe Choulet, Denis Trierweiller, Francis Fischer, Bernard Baas, Bruno Tackels.
Philippe Lacoue-Labarthe est décédé dans la nuit du 27 au 28 Janvier 2007.
Né en 1940 à Tours, il fait des études de philosophie à Bordeaux, se tient très proche de l’extrême gauche de l’époque, et vient s’installer à Strasbourg en 1967, qu’il ne quittera pour Paris qu’en 2002, après une carrière universitaire comme professeur d’esthétique à l’Université Marc Bloch.
Philippe Lacoue-Labarthe fut un penseur, le penseur de Heidegger, pourrait-on dire, avec lequel il confrontera toute sa vie dans une interrogation aussi bien philosophique, politique que poétique. Nul n’ignore plus sa passion pour Hölderlin, le premier romantisme allemand, ou encore ses lectures critiques très profondes de Rousseau, Benjamin, Celan et bien sûr Blanchot et Jacques Derrida. Mimétisme et déconstruction sont les maîtres mots de son travail. Ceux qui le connaissaient lui savaient une passion plus secrète, la musique. Qui sait si elle ne fut pas la plus grande passion de sa vie ? Il avait avec Strasbourg un rapport de grande proximité littéraire due, entre autres, au passage de Georg Büchner autrefois dans la ville, le fameux auteur de Lenz mais aussi de Woyzeck ou de La mort de Danton. Il reste très diffi cile d’imaginer Strasbourg sans sa silhouette, une cigarette à la main, avec ce regard si profond, cette envie de rire non sans une certaine ironie, cette voix aux intonations si particulières. Il reste encore plus diffi cile d’imaginer comment penser sans lui.