1
à la cuisine je compte mes pieds et petits carreaux sur un bout de papier tords
mes mots la table qui en désordre peaux de pêches
2
le drap main mise sur sa tête à peine ses cheveux je vois d’un geste sec balaie
l’air me remballe aux casseroles et à la nappe scène de chasse
3
il ne tiendra plus longtemps la fille en blouse blanche la fenêtre du jour
posée sur son front et moi dans l’ombre d’une porte entrouverte
4
le corps d’un homme enveloppé dur hein que je ressemble à une momie sous la
sirène et les peupliers ses yeux multiplient les dernières fois
5
le tue-mouches à la poutre pendu balance des heures à la lutte j’observe comme
ça s’épuise comme ça ne tient à rien quatre pattes et des ailes
6
lou reed et moi dans l’atelier chat ventre à terre me rejoint nous dansons
coney island baby l’établi maille à partir avec mes pieds
7
sous l’ombre des feuilles au mur faire surgir bison girafe et lion me dire à
trois si c’est un chat je pars mais toujours des animaux sauvages
8
il fait pffff avec sa bouche de la fumée tchou chou sur le bord de son lit
alignons les roulées pouf pouf ça sera toi qui me fera mou-rire-heu
9
voitures sur les gravillons par petits virages arrivent les voisins alcool sous
les vestes jour ordinaire s’habituer nous regardant mourir aussi
[…]
Sophie G. Lucas, Nègre blanche, le dé
bleu, L’idée bleue, 2007, p. 7-15.
je remercie Tristan Hordé pour cette proposition
Note
bio-bibliographique
Revenir à la Une de Poezibao
Sur simple demande à [email protected], recevez chaque jour l'anthologie permanente dans
votre boîte aux lettres électronique