« Figure aussi tragique
qu'exceptionnelle, dans toute la littérature italienne, de poète maudit.
L'internement psychiatrique de Campana, d'abord intermittent puis définitif à
partir de 1918, n'a cessé de peser sur l'interprétation de son œuvre, tantôt
abaissée au rang de symptôme pathologique et tantôt indûment exaltée par le
mythe de la folie comme voyance. Les recherches biographiques se heurtent
d'autre part à la fascination énigmatique d'une “ légende ” qui n'a d'égale que
celle de Rimbaud. » (Jean-Michel Gardair cité sur
le site de la librairie Compagnie)
Dino
Campana est né en 1885 dans un village de montagne en Toscane, Marradi. Son
père, conservateur, était directeur d’une école primaire, sa mère, très
religieuse, vivait un peu à l’écart, plongée dans ses méditations. Il connaît
très tôt des crises d’angoisse et séjourne très tôt en hôpital psychiatrique.
Quand il entre à l’université, il étudie le latin et le grec, mais est
également à l’aise en français, en allemand et en anglais. Il abandonne ses études
littéraires pour celles de chimiste à l’université de Bologne. Cependant ses
troubles mentaux l’empêchent de mener jusqu’au bout sa formation ; à 22
ans, il part en Amérique du Sud et sera, en Argentine, gaucho, pompier, mineur
– et pianiste dans une boîte de nuit. Il retourne en Europe sur un navire de
commerce, où il travaille, et se retrouve en Russie. Il reprend la mer à
Odessa, débarque aux Pays-Bas, et passe par Amsterdam, Paris et Bâle avant de
rejoindre l’Italie.
À
l’automne 1914 il écrit les Chants
orphiques . Le manuscrit est perdu par l’éditeur qui tardait à lui
répondre ; Dino Campana récrit ses poèmes, les fait imprimer à Marradi et
les diffuse lui-même. A partir de 1916, il vit une passion tumultueuse avep Sibilla
Aleramo, Pionnière de la libération des femmes au début du XXe
siècle, militante politique, romancière célèbre,
Peu
après, en 1918, ses troubles mentaux le conduisent dans un hôpital
psychiatrique où il meurt d’une septicémie en 1932.
•bibliographie en italien (extraits)
Canti orfici, 1914
Canti orfici e altri scritti , Vallecchi, 1952
Dino Campana Opere, Editori Associate, 1989
•Bibliographie en français
Chants orphiques, édition bilingue,
introduction de Maria Luisa Spaziani, postface et traduction de l’italien de
Michel Sager, Seghers, 1977 [épuisé]
Chants orphiques, préface et
traduction de Claude Galli, postface de Gabriel Cacho Millet, Via Valeriano,
1992
Chants orphiques, traduction de
Christophe Mileschi, l’Âge d’homme, 1998
Chants
Orphiques, traduction de David Bosc, Allia, 2006
•A signaler aussi
Sibilla Aleramo – Dino Campana. Ce
Voyage nous l'appelions amour. Lettres 1916-1918. Edité par Bruna
Conti. Trad. de Béatrice Vierne. Ed. du Rocher, 2003
Sibilla
Aleramo, Urso Minor, Éditions du
Rocher, 2003
Christophe Mileschi, Dino Campana. Le mystique du chaos.
L’Âge d’homme « Lettera », 1998.
•Liens
sur le
site de la librairie Compagnie
Les
versions en français des Chants Orphiques,
présentation.
Un
bel ensemble avec textes et liens sur Terres de Femmes
Un bel article
sur Sibilla Aleramo, qui aima et fut aimée de Dino Campana, dans le journal Le Temps
Canti
Orfici (en italien), très large sélection
Une importante collection de
photos
Une page en anglais
fiche ©Poezibao, Tristan Hordé et
Florence Trocmé
Commentaires