Il est toujours heureux de voir apparaître de nouvelles
revues, surtout quand elles renouvèlent un paysage poétique qui cède trop
souvent à un conformisme éditorial frisant la répétition. Au bout de quatre
livraisons [avant-poste] garde entier son désir de ne ressembler qu’à
elle-même, comme en témoigne un cinquième sommaire où je ne relève aucun des
auteurs « habituels » du « village ». Revue de la nouvelle
génération, [avant-poste] élargit son champ pour recouvrir quatre
genres : la poésie, le théâtre, la nouvelle, l’essai. Avec, dans ce
numéro, deux incursions « photographiques » signées Simon Boudvin et
Simon Roche. Côté poésie, les textes en présence marquent un penchant prononcé
pour le registre « expérimental ». Ainsi des « song
lyrics » de Matthieu Taponier, un montage réalisé à partir du moteur de
recherche Google. Ainsi des dérives sino-grammaticales d’Augustin
Gilmore ou de celles « algébriques » d’Ismaël Soudères (l’ensemble
de tous les ensembles). Que dire encore des non aventures de Maxime
Cross livrées par David Sillanoli ? [avant-poste] finit son
périple en Norvège en compagnie d’abord de Cornélius Jakhelln, traducteur ici
d’extraits de son livre l’arbre de vie, l’histoire du robot Adamat,
fait de restes, puis de Jon Fosse, auteur de théâtre dont on lira l’admirable vivre
dans le secret. Un entretien avec le dramaturge et une étude que lui
consacre Nicolas Doutey clôturent cette livraison.
©Alain
Helissen
[avant-poste] N°5 ; www.avant-poste.fr
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