« Je
vécus ensuite neuf ans comme un dendrite.
C’est-à-dire que je m’établis dans un arbre et y restai. Je choisis d’abord un cyprès.
Puis, comme Saint David de Thessalonique, un amandier dont je partageais les
fruits avec les écureuils. Je passais ensuite à un azerolier. J’adoptai enfin
un micocoulier dont j’aimais les micocoules. La Providence me nourrissait, car
les arbres où je m’établissais produisaient toutes sortes de fruits en toutes
saisons : figues et limons doux, fraises, cerises, bananes, poires – ces longs
fruits d’or – prunes et surtout pêches de vigne, à la peau rude, à la chair
sombre et farineuse et savoureuse »
(p. 19)
A l'occasion de la parution de
Nous,
les moins-que-rien,
fils aînés de personne
(Editions Fayard)
lecture de Jacques Roubaud
le vendredi 15 septembre 2006
à partir de 19 heures
Librairie Michèle Ignazi
17, rue de Jouy
75004 Paris
01 42 71 17 00
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