Abdellatif Laâbi, dans
ses recueils de poèmes, à l'intérieur même de ces poèmes :. Laâbi est issu du
Maghreb. D'où le, les contes.
©Alain Marc
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Abdellatif Laâbi, dans
ses recueils de poèmes, à l'intérieur même de ces poèmes :. Laâbi est issu du
Maghreb. D'où le, les contes.
©Alain Marc
Rédigé par Florence Trocmé le samedi 21 janvier 2006 à 11h10 | Lien permanent | Commentaires (1)
Extrait de Portrait
d'une dame : "le projet de
l'écrivain consiste, pendant trois années, à noter quotidiennement ce que dit
son modèle". (Alain Frontier)
Ce sont "Bribes arrachées au flux d'une parole (amitiés, paysages,
lectures, épopées domestiques, aphorismes et sentences, prélèvement de ce
qu'une voix, au fil des heures, profère. Voici un livre entièrement cité et
minuté… "(Christian Pringent)
Poezibao reviendra
prochainement sur ce projet et sur ce livre.
Je précise que pour respecter l'esprit du livre j'ai choisi une page au hasard,
dans les quelques 400 qu'il contient et que j'ai donné l'intégralité du jour
choisi.
Mardi 5 avril 1983
10h23 Un jour de grand courage, quand
t'auras pas mal aux dents, on retournera ce matelas.
14h18 Il y a de quoi faire un beau
bouquet d'injures à la Céline
14h36 Tu as tout mangé sauf les piments
rouges
14h47 Ma première lecture, si je puis
dire, ç'a été Pascal…je devais avoir 14 ans, 15 ans peut-être. C'est marrant
d'avoir lu ça.
14h50 Ca me rappelle les macarons
d'Amiens.
15h53 Les vacances de moins de dix jours
sont inutiles.
15h53 Je crois que je ne mangerai que
deux pièces, sur trois, mais c'est délicieux.
14h54 On ne verra plus Simone de Beauvoir
si La Palette est fermée.
15h03 C'est vraiment odieux les titres du
Figaro, je t'assure !
15h06 Où est-ce qu'on avait piqué du vin
? Ah! oui, c'était à Bouron-Marlotte.
15h10 C'est une des plaies de ma vie, ça.
15h11 C'est plus cher qu'en Bretagne
15h18 Quand je pense que mon pauvre frère
est en train de déménager !
15h19 Quelle belle cloche !
15h46 Ou alors il y a une autre solution,
c'est le cimetière. J'y vais ?
16h06 T'as vu ? C'est complètement vide.
16h29 C'est curieux, il y a plein de gens
qui habitent dans ce cimetière
21h34 Je te sers ton œuf.
21h59 Elle t'a peut-être mis un
suppositoire dans la dent.
22h01 Et en plus, c'est tout simple. Il
emploie le verbe être à jet continu.
22h09 C'est curieux, ce grand œil.
22h16 Ce qui est curieux, c'est le côté
imperceptible de la chose, et ça finit par faire des différences énormes.
22h24 pauvre femme, c'est affreux !
22h34 Il m'a toujours manqué une
incisive.
22h43 C'est dégueulasse, ils l'ont sali.
Alain Frontier, Portrait
d'une dame, Al Dante, 2005, p.
199.
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 20 janvier 2006 à 07h59 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (2)
Poète, grammairien et revuiste, Alain Frontier est
né en 1937. Il vit actuellement à Rubelles (Seine et Marne), près de Melun.
C'est une figure importante de la littérature d'avant-garde des trente
dernières années.
De 1969 à 1978, il participe à la revue Cheval d'attaque, dirigée par Didier
Paschal-Lejeune, puis de 1979 à 1986, il dirige avec la photographe
Marie-Hélène Dhénin, la revue Tartalacrème. Il a également fait partie du collectif de la
revue TXT de 1986 à 1989. Depuis
1992 il dirige chez Belin la collection Sujets. Il est l'auteur de nombreux
ouvrages théoriques ou pédagogiques (voir bibliographie) mais aussi de livres
de fiction, de poésie, d'adaptations de textes persans et des livrets d'opéra.
Il a participé à plusieurs festivals internationaux de poésie (Festival
international Polyphonix, à Paris, en 1980, 1981, 1983 et 1990 ; Rencontres
internationales de poésie de Cogolin, en 1985). En août 1999, il a pris part au
colloque international de Cerisy-la-Salle sur Poésie sonore, poésie action.
bibliographie
Ouvrages théoriques et pédagogiques :
Le
cheval de Troie, Belin, 1972
Cours
de langue grecque, livres 1 et 2, Belin, 1976-1977
La
poésie, collections Sujets,
Belin, 1992
La
Grammaire du français, collection Sujets, Belin, 1997
ouvrage de fictions ou de poésie :
Chroniques
meldeuses, Cheval d'attaque, 1974
Une
prison, Cheval d'attaque, 1974
Le
voyage ordinaire, avec la collaboration photographique de M.-H.
Dhénin, Cheval d'attaque, 1976
Manipulation
(s), avec la collaboration photographique de
M.-H. Dhénin, Cheval d'attaque, 1978
L'équilibriste, avec des peintures de Ph.
Boutibonnes et une photographie de M.-H. Dhénin, Muro Torto, 1982
Comme
j'ai connu Harry Dickson, avec des illustrations de Arnaud Labelle-Rojoud,
Muro Torto, 1988
Pourquoi
j'ai finalement démissionné du Comité directeur, avec une photographie de
M.-H. Dhénin, La Main courante, 1993
Portrait
d'une dame, Al dante, 2005
Adaptation du persan :
Désobéir
à la peur, par Parviz Khazraï, L'Harmattan, 1989
L'aube
sanglante, par Parviz Khazraï, L'Harmattan, 1992
Livrets d'opéra :
Le
mariage de Harry Dickson, musique de Jean-Christophe Frontier, 1991
L'Assassiné
de la porte, musique de Fabien Tehericsen, 1992
Le
maître du paysage, livret du Concerto pour conteur et chœur de
Fabien Tehericsen, 2002.
Des textes d’Alain Frontier ont été
publiés dans les revues suivantes :
Action Poétique, Aux poubelles de la Gloire, Boxon, Cavalier seul, Cheval
d’attaque, Courrier de l’UNESCO, Doc(k)s, Électre, Europe, Faix, In Hui, Java,
Kanal Magazine, L’Évidence, Poire d’Angoisse, Le Monde, Le Pays Breton, Lèvres
Urbaines (Canada), Métamorphoses, Nouvelle Barre du Jour (Canada), Offerta
Speciale (Italie), Périmètre, Phantomas (Belgique), Plein Chant, Reviuw Parade
Interrationale, Tartalacrème, Textuerre, Traces, TXT, 25 Mensuel (Belgique), La
Polygraphe, Yellow Bat review (U.S.A.), etc
Il a été traduit en anglais par Raymond Federman
Très nombreux textes et informations sur le site de Tartalacrème
un très
passionnant entretien avec Pierre Le Pillouër sur le projet Portrait
d'une dame
Sur le site de l'éditeur Al
Dante
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 20 janvier 2006 à 07h58 dans Poètes (fiches bio-bibliographiques) | Lien permanent | Commentaires (0)
La poésie d'Abdellatif
Laâbi. On pense parfois aux mécanismes de la Bible (revisitée) : des vérités
sont posées, comme des proverbes, en fragments de vérités humaines.
©Alain Marc
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 20 janvier 2006 à 07h24 | Lien permanent | Commentaires (0)
[...] je couche par écrit
couchée abattue, à la mienne je veux dire : à la main l'écriture,
une monstruosité méandreuse qui s'engloutit elle-même, je ne peux plus me
rappeler m'atteler, ma main je ne peux plus lui faire
confiance, elle qui apparemment cache quelque chose, ne tient pas
compte, que sais-je, exige trop de moi, en dehors de toute reconnaissance
mutuelle, par exemple : j'ai le sentiment que ma main est dans ma
tête ainsi de suite… surtout ne pas se découvrir, je crois, pour moi, pour ma
main
droite pas de mise à nu, alors j'écris comme
une écolière, comme j'écrivais lorsque j'étais à l'école, me dépasse moi-même,
rac-
courcis, écourte le chemin, en sténo privée, il me manque
un corset de main, un prompt
poinçon à marbre ou quoi, même
un agneau innocent
pourrait me mener, démener, surveiller mon
déficit et mon sommeil,
en même temps mes
glandes sont activées, je pourrais
enlacer le monde, je voudrais attenter à l'idiotie (la mienne),
[...]
Friederike Mayröcker,
extrait de Ou la douceur de rêves inventés, in Métaux voisins, traduction
Jean-René Lassalle, Atelier de l'Agneau, 2003.
Friederike
Mayröcler dans Poezibao :
Fiche
bio-bibliographique
extrait 1, extrait 2,
Sur simple demande à [email protected], recevez chaque jour l'anthologie permanente dans
votre boîte aux lettres électronique
Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 19 janvier 2006 à 09h28 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Le Sens du combat, Suite : sous une musique innocente (et son air
de timide...), Michel Houellebecq remue les choses les plus profondes.
©Alain
Marc
Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 19 janvier 2006 à 08h57 | Lien permanent | Commentaires (0)
"Et voici que
surgit, plus lancinant que la pensée de la nourriture, un nouveau besoin, une
nouvelle exigence que Thomas More a complètement oubliée dans sa classification
simpliste des besoins humains.
Ce cinquième besoin est
le besoin de poésie.
Tous les aides-médecins
cultivés, mes collègues d’enfer, possédaient un bloc-notes sur lequel ils
recopiaient des vers avec les encres de couleurs diverses qui leur tombaient
sous la main. Pas des citations de Hegel ou de la Bible, mais uniquement des vers.
Voilà le besoin qui vient juste après la faim, la sexualité, la défécation et
le plaisir d’uriner."
Extrait d'un chapitre de
Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov, chapitre que l'on peut lire en entier ici.
Lire aussi l'article de
Pierre Lepape dans Le Monde Diplomatique de décembre 2003 "Le goulag
selon Chalamov"
Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 18 janvier 2006 à 10h24 | Lien permanent | Commentaires (0)
Maman, pourtant j'étais sage !
Noir ! Noir !
(paroles d'un enfant
enfermé dans la
chambre à gaz de Belżec en 1942 –
selon le témoignage du seul prisonnier
survivant). Rudolf
Reder, "Belżec ", 1946.
Tout a été utilisé
tous ont péri mais rien ne se perd
la montagne de cheveux tombés des têtes
pour la fabrique de matelas de Hambourg
arrachées les dents en or
sous l'anesthésie de la mort
Tout a été utilise
et même cette voix est utile
passée en contrebande jusqu'ici
au fond d'une autre mémoire
comme une chaux que les larmes n'éteignent pas
parfois Belżec s'ouvre jusqu'aux os
et d'éternelles ténèbres en jaillissent
comment arrêter cette hémorragie
et la plainte de l'enfant qui avait été qui avait été
la mémoire pâlit
mais ce n'est pas d'effroi
et ainsi depuis trente ans elle pâlit
et des millions de silences se taisent
mués en un nombre à sept chiffres
et hurle hurle une place vide
vous qui n'avez pas peur de moi
parce que je suis petit parce que je ne suis plus
ne me reniez pas
rendez-moi la mémoire de moi
ces paroles post-juives
ces paroles post-humaines
rien que ces sept mots.
Jerzy Ficowski, Déchiffrer
les cendres, poèmes, traduits du
polonais par Jacques Burko, Postface Anne Kamienska, suivi de Photographies
des lieux, par Marc Sagnol.
Éditions Est Ouest internationales, 2005, p. 27.
Ce livre étant devenu
très difficile à trouver (on DEVRAIT le rééditer), je signale que l'on peut
trouver aussi ce poème dans la petite anthologie de Jerzy Ficowski publiée tout
récemment par Buchet-Chastel., Jerzy Ficowski, Tout ce que je ne sais pas, Sept mots se trouve à la page 81
Jerzy Ficowski dans Poezibao
Fiche
bio-bibliographique
extrait
1 (Prière au saint pou)
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électronique
Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 18 janvier 2006 à 09h50 dans Anthologie permanente | Lien permanent | Commentaires (0)
Je lis la première partie
du recueil de Michel Houellebecq le Sens du combat (Éd. Flammarion, mars 1996). Et je me dis. 1.
(Lisant les premiers poèmes, me rappelant de la musique de l'auteur lors de sa
lecture au Cercle de minuit. Aimant énormément.) Mais ce sont des alexandrins !
2. (Lisant les poèmes qui suivent.) Étonnant ces textes sur la chair et les
organes du corps. 3. (Lisant les poèmes qui suivent les précédents.) La mort
est présente, elle rode dans de nombreux poèmes.
Je me dis encore. Ce
recueil est composé par cycles : cycle 1, cycle 2, cycle 3.
©Alain Marc
Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 18 janvier 2006 à 09h14 | Lien permanent | Commentaires (2)
Le Comité de lecture du
Jeune Théâtre National invite à son
rendez-vous mensuel :
Le 20 du mois !
Lecture de texte(s) et dégustation de vin(s)
Vendredi 20 janvier 2006 à 18h
« On a pas de mots, cela n’enlève rien,
il nous reste la pâte. »
Le signe = (POL, 1999)
Lecture
Tarkos et la « pâte-mot »
Ou comment dire
A la découverte de sa langue : Florent Cheippe, Eve Gollac, Xavier Legrand,
Laure Roldàn
Une envie de Félicité Chaton
Durée prévue : 1h
La lecture sera suivie d’une dégustation de vin.
Entrée libre sur réservation au 01 48 04 86 40 ou [email protected]
Jeune Théâtre National
13, rue des Lions Saint Paul 75004 Paris
M° Saint-Paul (ligne 1) ou Sully-Morland (ligne 7)
Tél : 01 48 04 86 40
Fax : 01 42 71 66 50
Email : [email protected]
Site : http://www.jeune-theatre-national.com
« Je suis né en 1963. Je n’existe pas,
je fabrique des poèmes.
1 je suis lent, d’une grande lenteur
2 invalide, en invalidité
3 séjours réguliers en hôpitaux psychiatriques depuis 10 ans. »
Christophe Tarkos (1963-2004)
Aucun essai n’existe encore au sujet de Tarkos
aucune biographie exhaustive.
Seul un texte de Christian Prigent publié dans Salut les anciens, salut les
modernes
de nombreux articles et témoignages
des enregistrements sonores
et ses écrits : entre autres, Anachronisme (POL, 2000), PAN
(POL, 2000), Le signe = (POL, 1999), OUI
(Al Dante, 1996), Caisses (POL 1998), Ma langue est poétique (Electo, 1997), La cage (pièce de théâtre).
Tarkos est un poète dit «sonore», il travaillait la langue, absolument : il
écrivait, il faisait des lectures publiques, et il improvisait.
Dans tous les cas, l’enjeu poétique était le même : « Je suis un poète qui
défend la langue française contre sa dégénérescence, je suis un poète qui sauve
sa langue, en la faisant travailler, en la faisant vivre, en la faisant bouger.
»
Il ne nous livre pas son expérience du monde telle que la langue s’en saisirait
véritablement, il travaille « la pâte », et s’il nous dit quelque chose de
vrai, c’est « l’étrangeté de la langue, son tournis ahuri, sa distance
implacable aux corps, aux choses, au réel » (Evidante Evidence in Salut les anciens, salut les modernes de Christian Pringent, POL), « c’est comment naît
la phrase, comment elle va, comment s’enroule le phrasé, comment une langue
poétique s’engendre à même la voix, comment elle se retourne sur elle-même,
s’auto-commente, s’amuse, s’abolit (…) » (Une erreur de la nature de Christian Prigent, POL)
« Il n’y a pas d’autre langue que la langue, il faudra entrer à l’intérieur, on
a toujours été à l’intérieur, il n’y a pas à entrer à l’intérieur, on est
dedans (…) et c’est cette langue qu’il ne faut que porter avec soi comme l’on
porte de rester dans le ventre parce qu’il n’est jamais question de sortir du
ventre et la langue a beau bouger elle remue et tourne sur elle-même. » (Le signe
= de Christophe Tarkos, POL)
Pour nous, comédiens, il va s’agir de l’éprouver à notre tour, au présent.
Saisir à la fois la distance et l’engagement qu’elle réclame.
Il ne s’agit pas de singer l’énonciation si singulière de Tarkos.
Mais de chercher physiquement, pour chacun des textes et pour chacune des
individualités qui s’y essaieront, ce que c’est que « la poussée de la pâte ».
Félicité Chaton, [email protected]
Le Comité de lecture du
Jeune Théâtre National est un collectif d’une trentaine d’acteurs qui
participent et/ou mettent en œuvre de façon indépendante des projets visant à
découvrir et faire connaître des textes contemporains.
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 17 janvier 2006 à 12h28 dans Agenda, liens, informations | Lien permanent | Commentaires (0)