Les Editions Virgile et l'association
Korè organisent pour la première année une manifestation de littératures et
musiques contemporaines à Dijon, du jeudi 29 septembre au samedi 1er octobre
2005. Cette année, l'accent sera mis sur les auteurs de la collection
"Ulysse fin de siècle". La manifestation sera accompagnée par la
publication d'une anthologie "Ulysse fin de siècle".
Seront présents :
-
Jacques Rebotier et la contrebassiste de jazz Hélène Labarrière
-
le Quatuor Manfred (qui, dans la lignée de leur dernier disque jouera des
compositions de Webern, Schoenberg et Berg), et Yves-Jacques Bouin (qui lira
des textes des poètes américains Ezra Pound, Louis Zukofsky et Charles Olson,
auteurs en partie publiés par les Editions Virgile)
- Jean-Marie Sénia et Marie-Christine Barrault, qui lira des textes d'auteurs de la collection de poésie "Ulysse fin de siècle", tels que Marie Etienne, Robert Walser, Dezso Tandori, Nivaria Tejera...)
Communiqué des Éditions
Virgile
L’association Korè et
les Editions Virgile ont pour objectif de contribuer à la promotion et à
la diffusion des littératures et musiques contemporaines, avec l’idée que les
frontières entre les genres artistiques n’existent plus.
Nous avons ainsi pour
projet d’organiser des manifestions où se rencontrent écrivains, comédiens et
musiciens. Il s’agira de produire une œuvre unie, indissociablement constituée
de la scansion poétique et de son réfléchissement musical.
Pour 2005, trois
spectacles sont organisés, du jeudi 29 septembre au samedi 1er
octobre, autour des poètes de la collection Ulysse fin de siècle.
Les Editions Ulysse
fin de siècle sont nées à Dijon en 1986, autour d’un programme littéraire
étranger à tout système clos, et faisant une large place à la littérature
internationale. L’objectif alors poursuivi était une exploration de la langue,
toujours située à mi-chemin de la prose et de la poésie, et une volonté de
décloisonnement et de rapprochement des genres artistiques. Ulysse fin de
siècle est aujourd’hui une collection de poésie, intégrée dans le catalogue
des Editions Virgile.
Pour accompagner ces
spectacles, une anthologie d’Ulysse fin de siècle (Ulysse fin de
siècle – 1987-2005 – Vers et proses) sera publiée par les Editions Virgile
en septembre 2005 (prix public : 20 euros).
Les spectacles auront
lieu à l’Eglise des Dominicains à Dijon (3 rue Turgot) à 20 heures 30.
Informations au : 03
80 56 24 07
Prix : 12 € par
spectacle (30 € pour les trois)
Tarif
réduit (étudiants, chômeurs, rmistes, moins de 18 ans): 8 € par spectacle
(20 € pour les 3)
Places disponibles le
soir des spectacles ou par réservation au 03 80 56 24 07
Le jeudi 29
septembre : Un poète chez Ulysse. Tour de parole de Jacques
Rebotier et Hélène Labarrière.
Jacques Rebotier et
Hélène Labarrière
Entre parlé et chanté,
Jacques Rebotier pratique maintenant ce qu’il appelle un « tour de
parole », comme d'autres font des « tours de chant ». Ses textes,
ludiques, emplis de gaieté et souvent
insolites, constituent une véritable enquête sur les usages de la langue. Ils
seront accompagnés par la musique de la contrebassiste Hélène Labarrière.
Textes extraits de Litaniques, Le Dos de la langue (parus chez
Gallimard) et Le chant très
obscur de la langue (Editions Virgile).
Ecrivain,
compositeur et metteur en scène, Jacques Rebotier à produit une œuvre multiple,
où se côtoient la poésie, la photographie, et la musique. Ses réalisations sont
principalement guidées par une recherche sur les rapports qu’entretiennent la
musique et le texte. Il pratique également la poésie orale et a effectué un
travail pionnier dans la création des formes contemporaines de
« lectures-concerts ».
Contrebassiste
de jazz contemporain, Hélène Labarrière a joué avec les plus grands comme
Jean-Marc Padovani et Michel Portal. Mêlant écriture et improvisation, elle a
su créer un univers varié où jazz et musiques actuelles sont intimement liés.
Sa musique est marquée par une recherche continue sur ks sonorités.
Le vendredi 30
septembre :
-L’école Viennoise et
les poètes américains
Le Quatuor Manfred et
Yves-Jacques Bouin
Cette soirée sera
consacrée à la rencontre de deux courants majeurs de la modernité littéraire et
musicale. Seront ainsi associés la musique de l’école de Vienne, représentée
par les compositions de Schoenberg, Berg et Webern, et trois des poètes
américains les plus importants du XXème siècle, Louis Zukofsky, Charles Olson
et Ezra Pound. Chacune de ces « écoles » littéraire et musicale s’est
efforcée de franchir la frontière qui la séparait des autres champs
artistiques. Entre intégration de la tradition et ouverture aux recherches
avant-gardistes, les « viennois » sont allés puiser leur inspiration
aux sources de la poésie et de la peinture, tandis que les « américains»
ont placé la musique, la musicalité, à la base de leur art poétique, le lecteur
se transmuant alors en « auditeur/spectateur ».
Ezra
Pound est surtout célèbre pour ses Cantos, long chant épique qui pour la
première fois introduit l’économie, la matérialité en poésie, bouleversant par
là l’écriture poétique anglo-saxonne mais qui est aussi une vaste exploration
des civilisations. Il fut aussi un critique visionnaire, qui toujours essaya de
faire le lien entre la littérature, la musique et la peinture.
Charles
Olson (1910-1970) fut l’une des figures majeures de l’avant-garde poétique
américaine des années 1950. Dans l’un de ses textes les plus célèbres et les
plus influents, The projective verse (à paraître aux Editions Virgile), il a
introduit une rupture importante dans l’écriture poétique, en avançant que
cette dernière devait avant tout être modelée par le son et non par le sens.
L’ensemble de son œuvre poétique peut être considéré à l’aune de ce principe.
Louis
Zukofsky (1904-1978) est l’auteur d’un monumental poème, sobrement intitulé
« A », comme pour dire l’aspect novateur voire originel de son
projet, qu’il rédigea entre 1920 et 1972. Marquée par une prétention à la
totalité, sa poésie mêle sa vie privée aux événements de l’histoire américaine,
tout en portant une attention extrême au rythme et à la musicalité.
Le samedi 1er
octobre :
Lectures d’Ulysse fin
de siècle
Marie-Christine Barrault et Jean-Marie Sénia
Accompagnée au piano par
Jean-Marie Sénia, compositeur réputé notamment pour ses musiques de films,
Marie-Christine Barrault lira un choix de textes publiés par les Editions
Virgile et Ulysse fin de siècle. A travers l’œuvre d’auteurs aux œuvres
variées, toujours à la croisée de la prose et la poésie, c’est à une rencontre
entre des cultures littéraires venues d’horizons multiples que l’on assiste.
C’est cette diversité que la collection Ulysse fin de siècle a toujours
cherché à saisir, à travers les choix qu’elle propose au public.
Parmi
les auteurs présentés, figureront notamment Marie Etienne, la cubaine Nivaria
Tejera, ou encore le hongrois Dezso Tandori.
Marie
Etienne a publié à ce jour une vingtaine d’ouvrages (essais, récits, romans
poésie). Dans la série Les couloirs de la prose, dont les trois premiers
volumes ont été publiés aux Editions Virgile, elle a mené, dans une langue se
tenant toujours à égale distance de la poésie et de la prose, une réflexion sur
le récit érotique, qu’elle tente de subvertir par un recours paradoxal à l’onirisme
et au fantastique, dont l’effet est de produire, par l’évacuation des fantasmes
habituels, un surcroît de réalisme qui n’exclut pas la pudeur.
Nivaria
Tejera est cubaine. Découverte en France par Maurice Nadeau, elle a construit
une œuvre poétique et romanesque dont l’exil et l’errance forment le motif
principal. Les lieux traversés, d’abord source d’espoir, déçoivent, et
enferment le poète dans la solitude et l’anesthésie des sens. Comme si la
liberté s’était perdue dans le mouvement du départ, et ne pouvait se retrouver
que grâce à un retour rêvé sur les terres originelles.
Jusqu’à
présent inconnu en France, et dont le premier livre traduit en français aux
Editions Virgile a suscité un grand engouement, Dezsö Tandori, né à Budapest en
1938, est une figure majeure de la création poétique hongroise contemporaine.
Sa poésie est empreinte de quotidienneté, et oscille entre un récit parfois
proche de la prose où les thèmes fourmillent, passant de la recension des
événements d’une vie infime à l’évocation des maîtres poètes (au premier rang
desquels William Carlos Williams), musiciens ou plasticiens, à une écriture de
facture plus classique où le sonnet prédomine.
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