On rêve de partir et on ne part
pas,
on se passe la main dans les
cheveux, sur le visage
comme pour en effacer la fatigue,
on attend.
Alentour les lumières ne font pas
de bruit,
elles brillent dans la nuit,
lettres
d'un alphabet inconnu : derrière
on sait qu'il y a des êtres qui
se cognent
et envoient promener le monde, ou
souffrent
sans rien dire, ou ne souffrent
pas peut-être
- et c'est un mystère plus
troublant.
L'hôpital aussi est silencieux et
illuminé.
Les arbres n'apparaissent que si l'on éteint la lampe.
Paul de Roux, Poèmes
de l'aube, Gallimard 1990, p.
70.
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