le mercredi 18 mai 2005 de 18 heures à 21 heures
exposition-lecture autour du livre De la distraction de Franck-André Jamme
et Virgile Novarina
à la galerie La Hune Brenner, 14 rue de l'Abbaye, 75006
Paris.
(Le livre sera disponible à la galerie une dizaine de jours
après l'exposition).
De la distraction
Franck André Jamme & Virgile Novarina
collection Ulysse fin de siècle
128 pages, format 14 X 21, prix : 16 euros
I.S.B.N. : 2-908007-69-X
De la distraction est la rencontre de subjectivités
prises dans leur expression immédiate.
Toutes les nuits depuis près de dix ans, Virgile Novarina
note, lors de brèves phases d’éveil, et dans l’obscurité totale, des fragments
d’idées, des ébauches de dessins, véritables relevés de fugacités, qui lui sont venus à l’esprit dans un
profond sommeil. Le lendemain matin, il remet ses « écrits de nuit » au propre,
il en éclaircit la graphie, comme si ces pensées fugaces avaient, à la lumière
du jour, gagné en netteté.
En regard, Franck-André Jamme a composé une série de tablettes qui en sont comme les correspondances mentales. D’où le titre, les auteurs précisant, suivant le manuel de psychologie médicale de Kretschmer, que « les activités créatrices se déroulent dans la demi-obscurité psychique, dans un état de demi-conscience, de distraction ». C’est une sorte de poésie instantanée que nous offrent les auteurs, dans laquelle la graphie tient une place importante. Si l’écriture de Virgile Novarina, d’abord tremblante avant de se ressaisir comme en un miroir, indique encore la présence de la nuit et la soudaineté de la pensée (ou plutôt de l’intuition), Franck-André Jamme se souvient quant à lui des pratiques de la Rome antique, dans laquelle on retrouvait, sur certaines tombes, des tablettes, sur lesquelles étaient inscrites des maximes ou des phrases fétiches, dont l’objectif était de sceller le passage dans l’autre monde. Les auteurs se retrouvent ainsi dans un « entre deux mondes », celui du jour et de la nuit pour Novarina, celui de la vie et de la mort pour Jamme. L’ouvrage lui-même, dans sa composition, rappelle le lieu « intermédiaire » dans lequel les auteurs situent leurs écrits.
Un étrange dialogue s’établit ainsi entre deux modes d’expression qui semblent, au premier abord, incommensurables l’un à l’autre, mais qui, pourtant, ne sombrent pas dans l’hermétisme qui pourrait être le leur. C’est au lecteur ensuite d’imaginer les règles de ce commerce qui finit par être vertigineux tant il se tient prêt des profondeurs de consciences que l’on n’entrevoit ici qu’à peine. L’essentiel ne se situe pas sur la page de gauche ou la page de droite, dans les « écrits de nuit » de Novarina ou les tablettes de Jamme, mais dans l’entre-deux, dans l’espace invisible où se noue la communication.
Editions Virgile, 15 rue Bachelier, 21121 Fontaine les dijon.
Tel. & fax : 03 80 56 24 07
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