A deux heures du matin : clair de lune. Le train s’est arrêté
au milieu de la plaine. Au loin, les points de lumière d’une ville
qui scintillent froidement aux confins du regard.
C’est comme quand un homme va si loin dans le rêve
qu’il n’arrive à se souvenir qu’il y a demeuré
lorsqu’il retourne dans sa chambre.
Et comme quand quelqu’un va si loin dans la maladie
que l’essence des jours se mue en étincelles, essaim
insignifiant et froid aux confins du regard.
Le train est parfaitement immobile.
Deux heures : un clair de lune intense. Et de rares étoiles.
Tomas Tranströmer, Baltiques, Œuvres complètes 1954-2004, Poésie/Gallimard
n° 397, 2004, p. 65
traduit dans 55 langues. Il vit sur une île en
Suède. Il est souvent évoqué pour le Prix Nobel de Littérature.
Ses Œuvres complètes, publiées par Le
Castor Astral en 1996, sont également disponibles de puis l’automne 2004 en
collection Poésie/Gallimard.
A signaler aussi, toujours chez Le Castor Astral La
Grande Énigme et Les souvenirs m’observent, deux livres publiés en
2004.
Une fiche sur le site
de la librairie Decitre
Une fiche dans la Poéthèque
du Printemps des poètes
Un article ancien
de la revue le Matricule des Anges

Rédigé par : kyoko | jeudi 16 décembre 2004 à 16h53