Jouve, Scelsi
Jean-Paul Louis-Lambert réagit à mes
propos sur Scelsi et m’écrit : « Scelsi était un patient de
Blanche Reverchon et en 1940-1941, il attendait avec impatience que le couple
Jouve-Reverchon obtienne un visa pour la Suisse, et ainsi pouvoir se faire soigner
par sa psychanalyste.
Et c'est Jouve qui a fait éditer ses poèmes chez GLM. »
Un peu plus tard il m’envoie un extrait du livre qu’il est en train d’écrire
sur Jouve, extrait que je publie simultanément dans Poezibao.
Dans le sillage du Temps immobile
Même si la manière de faire, je ne veux surtout pas écrire le procédé, est
très différente, je songe à ce que j’écrivais
hier de Claude Mauriac en relevant ce matin dans le site de Didier da Silva,
cette séquence qui superpose lieux et temps,
en une sorte de fondu enchaîné très maîtrisé :
« Solidarité des raisons de vivre
- Vendredi 31 août 2012
Henry Purcell allait avoir vingt-et-un ans lorsqu'il composa, il y a
tout juste 332 ans, le 31 août 1680, cette douzième et dernière fantaisie
pour les violes à quatre parties. C'était un samedi : ce jour-là, dans la
Sarthe, à dix heures du matin, achèvent de préciser des chroniques
paroissiales, l'église de Bouloire et presque toute la ville ont été
dévorées par un affreux incendie. Ce jour-là encore, les Comédiens du Roi
représentaient Tartuffe ou L'Imposteur pour la première fois depuis que
leur troupe avait été créée moins de deux semaines plus tôt. Le lendemain, aux
Rochers, Madame de Sévigné écrira à Madame de Grignan : tant que le petit
été qui nous est revenu durera, nous ne serons pas à plaindre. Elle a bien
raison ; tant qu'il y aura de la musique aussi, et dans le ciel des incendies
rien moins qu'affreux, cela vaudra la peine d'avoir la fantaisie de continuer
la comédie. »
→ et si le temps n’existait pas, s’il n’était qu’une création de l’esprit, une
nécessité non vitale mais existentielle, voire économique et politique. Si le
temps était surtout ce qui se joue en chacun à chaque seconde dans la
profondeur temporelle, dans le vide, dans l’orientation, l’aimantation de cet
instant. Temps riche ou non de passé, temps habité ou non de mémoire propre et
de mémoire collective. C’est à cela que m’invite à penser ce repliement de
temps proposé par DdS en ce jour qui est en plus celui de l’anniversaire de M,
donc un peu mon anniversaire puisque sans cet évènement d’un lointain 31 Août
je ne serai tout simplement pas là. Et sans Purcell et Molière et Mme de
Sévigné et tous les autres ayant passé à maintes reprises par le 31 Août,
petits ou grands, proches ou lointains, comment vivrais-je et qui serais-je ?
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