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21 août 2006

Commentaires

Difficile de décentrer le point de vue! A moins d'imaginer que la pierre ou l'arbre ou la montagne seraient à même de nous proposer le leur. Il faudrait penser l'homme capable de penser les choses qui l'entourent en dehors de lui-même! En faisant abstraction de son être au monde. Cela me semble requérir un grand détachement. Peut-être l'entreprise est-elle accessible aux orientaux?

Tout ce qui n'est pas saturé de sens fait office "d'appelant" peut-être. Une pierre, un mur écaillé, un nuage, un enchevêtrement de poutres ou de broussailles, deviennent des écrans d'accueil, des scènes plus ou moins ajustées, pour nos projections mentales.

Nous passons notre temps à interpreter le monde et nous le faisons à partir de notre shéma corporel. Alors il n'est étonnant qu'un agencement de verticales et d'horizontales, saupoudré de quelques aspérités prononcées, fasse visage.

Je crois pourtant que la propension représentative proprement humaine n'obture pas l'espace potentiel d'expérience avec "la chose", en elle-même. C'est un va et vient. Couleur/lignes/textures - Tête.

C'est peut-être là le fondement de toute expérience esthétique, mais je n'en suis vraiment pas sûr: se situer à mis chemin entre la perception et l'aperception. Jouir de cet entre-deux.

chère Florence, votre image et votre réflexion me font faire un retour en arrière de quelques semaines, je visitais en Corse un site néolithique dont les pierres avaient formes et figures animales et humains, véritables totems et mystérieuses présences dans la forêt, En partage et merci pour l'instant et le souvenir Sylvie

Le visage humain est probablement "engrammé" dans nos cerveaux comme le sont certaines parties du corps et certains gestes post-nataux qui permettent d'assurer la survie après le franchissement des portes de la vie. Cela devrait nous rassurer, d'autant plus en songeant ce qu'il advient de ce visage lorsqu'il n'est plus reconnu comme semblable et aimable... Voir du côté des ignominies d'holocaustes et de massacres quotidiens. Sans parler des difficiles démarrages de certaines relations materno-filiales. Tout visage humain pour exister se doit d'être investi imaginairement et je ne vois pas d'autre fonction à la poésie que d'assurer la pérennisation de ce mouvement vital.

La conscience ne fait pas d'anthropomorphisme, c'est uniquement l'intoxication au processus mental qui provoque ce qu'on pourrait plutôt appeler primatomorphisme, ce serait beaucoup plus adéquat ainsi.

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