Poezibao fait une pause – retour lundi 22 Août
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Poezibao fait une pause – retour lundi 22 Août
Rédigé par Florence Trocmé le lundi 15 août 2011 à 17h04 dans Evènements | Lien permanent | Commentaires (0)
Articles parus sur le site cette semaine
En particulier
Il y a un an, la mort de Roger Munier
notes de lecture
La Pivoine de Cervantès et autres proseries, de Lambert Schlechter (par Jean-Pascal Dubost)
Avis de grand frais, d'Henri Droguet (par Bruno Fern)
Trilogie, de H.D. (par René Noël)
Horizon du sol, d'Etienne Faure (par Jean-Pascal Dubost)
anthologie permanente
Lambert Schlechter
Claude Dourguin
Edmond Jabès
Kenneth White
Carl Sandburg
fiche bio-bibliographique
Carl Sandburg
Poezibao a reçu
Poezibao a reçu n° 182,, dimanche 7 août 2011
Claude Minière, Je hiéroglyphe, Tarabuste
Marcel Migozzi, Voyageurs sans regard, Encres vivres
Hugo Pernet, Poésie simplifiée, End éditions
Henry Colombani, Mer, marées, marais, Westland éditions
Olivier Larizza, Couleurs mirabelle, récits, Orizons
Guy Cabanel, Hommage à l’Amiral Leblanc, Ab irato
Guy Cabanel, Barthélémy Schwartz, L’ivresse des tombes, Ab irato
Daniel Cohen, Eaux dérobées, Orizons
Revue Filigranes, n° 80
Rédigé par Florence Trocmé le samedi 13 août 2011 à 10h09 dans Poezibao Hebdo | Lien permanent
73 textes en prose, courts. Un livre qui eût pu se titrer, mais le titre existe déjà, d’un philosophe allemand, qu’évoque Lambert Schlechter, Dolf Sternberger, qui eût pu, donc, se titrer « Petites perceptions » ; et probablement, parce qu’il est un grand lecteur et philosophe de formation, probablement que la théorie des petites perceptions de Leibniz, assavoir qu’il faille prendre conscience des petites quantités insinuées en soi pour définir un tout ( : « D’ailleurs il y a mille marques qui font juger qu’il y a à tout moment une infinité de perceptions en nous, mis sans aperception et sans réflexion, c’est-à-dire des changements dans l’âme même dont nous ne nous apercevons pas, parce que les impressions sont ou trop petites et en trop grand nombre ou trop unies, en sorte qu’elles n’ont rien d’assez distinguant à part, mais jointes à d’autres, elles ne laissent pas de faire leur effet et de se faire sentir au moins confusément dans l’assemblage. C’est ainsi que l’accoutumance fait que nous ne prenons pas garde au mouvement d’un moulin ou d’une chute d’eau, quand nous avons habité tout auprès depuis quelque temps », Nouveaux essais sur l’entendement humain, 1704), probablement que Lambert Schlechter garde en tête la leçon du philosophe allemand. L’écriture alors devient un bel exercice de remontée mémorielle, d’attention à ce qui fabrique le grand assemblage disparate qu’il célèbre à longueur de livres, et qui paraîtrait quasi scandaleux, au regard des pessimistes et des catastrophistes, de célébrer : la vie. Les proseries ci-présentes, ainsi que par ailleurs (La Trame des jours1 par exemple) attestent d’une gourmandise et d’une avidité sans mesure : après avoir frôlé l’acédie2, Lambert Schlechter empoigne la vie d’écrire à pleins bras, à pleines mains (si on peut dire… tant les caresses érotiques lui demeurent essentielles), et ne cesse de se réjouir de ses lectures3, des brièvetés vues, des femmes et de leur sexe, de s’en régaler, de le dire-écrire, de déployer belle énergie dans le fil des jours, émerveillé et fabuleusement, de façon revendiquée. Un voluptueux ? Probablement qu’oui ; un fou de la vie, un jouisseur et bandeur terrestre. Explorateur du vivre. Ces proseries n’ont pas la forme diariste, mais s’en rapprochent, sont des « choses du jour », ou des « choses qui » (Sei Shonagon) auront été perçues lors d’une journée souvenue. L’écriture va simple, au gré de l’humeur et de la fantaisie, vient après, et avec, Montaigne, Robert Walser et Eugène Savitzkaya (celui du Fou civil), et sensuellement, sur la pointe de l’humour. Et si l’âge avançant lui pèse, il ne cesse de garder la candeur de l’enfant mêlée à la malice du vieillissant, car Lambert Schlechter a décidé de vivre, pour écrire.
[Jean-Pascal Dubost]
Lambert Schlechter, La Pivoine de Cervantès et autres proseries, La Part Commune, 2011, 160 p., 15 €
1 Éditions des Vanneaux, 2010.
2 Lire Le Silence inutile, La Table Ronde, 1996.
3 Il publie concomitamment Les Repentirs de Froberger, à La part des anges, des quatrains biographiques, ou épitaphes, consacrées à son panthéon d’hommes illustres, accompagnés de dessins de Nicolas Maldague, qui sont des illustrations des poèmes, assavoir qu’ils sont des équivalences dessinées, quel intérêt ?
Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 12 août 2011 à 10h13 dans Notes de lecture | Lien permanent
LA QUESTION DU CONTRAT
Mais qui à vrai dire va nous éclairer sur ce qu’il faut entendre par là : les choses du jour, c’est une fallacieuse tournure de mots, qui dit chose, le dit par négligence ou paresse, sinon par inadvertance ou même innocence, car à minuit, après les vingt-quatre heures du jour, les mille quatre cent quarante minutes du jour, les quatre-vingt-six-mille quatre cents seconde du jour, les choses, si par là on désigne tout ce qui existe et est concevable comme un objet unique ou concret ou abstrait ou réel ou imaginaire, les choses en une journée, c’est un amoncellement innommable aberrant ———— il faut donc, raisonnablement, modifier le contrat et retirer raturer la tournure les choses du jour ———— mais je ne parle que de moi, que pour moi, de mes insuffisances et de mon incapacité, le contrat dont je parle ne concerne personne, sauf moi, sauf moi, j’insiste, et je décide de mettre à la place du fatal les choses du jour, après être resté pendant une heure muet & immobile devant ma feuille, je décide de mettre une chose du jour, just one, et je décide ça, bien que je sois bien conscient que les difficultés qui m’attendent sont peut-être aussi insurmontables que celles de l’ancien contrat ———— mais je m’étais promis de ne pas succomber à la tentation de la gesticulation, et voilà que je gesticule, il ne sera donc plus jamais question du contrat ni de la problématique des choses du jour ou de la chose du jour, le pic épeiche qui est venu ce matin taper avec son puissant bec dans la boule de graines, il est venu aussi hier, et il reviendra demain, sans doute, sans doute, même si je ne suis pas ou plus là pour le remarquer.
Lambert Schlechter, La Pivoine de Cervantès et autres proseries, La Part Commune, pp.43-44
fiche du livre et extraits sur le site de l’éditeur
Lambert Schlechter dans Poezibao :
bio-bibliographie, ext. 1, L’Envers de tous les endroits (par JP Dubost
Lire aussi la note de lecture que publie aujourd’hui Poezibao à propos de La Pivoine de Cervantès et autres proseries (par Jean-Pascal Dubost)
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Rédigé par Florence Trocmé le vendredi 12 août 2011 à 10h11 dans Anthologie permanente | Lien permanent
Claude Dourguin a publié tout récemment Ciels de traîne, aux éditions José Corti, dans la collection « en lisant en écrivant ».
Odeurs nourrissantes, chères entre toutes : celle du feu de bois, celle du foin, celle de la cire. Perçue quelque part, à bonne distance parfois, chacune dispense aussitôt, quel que soit le moment de l’âme et l’humeur, un contentement subit, une ivresse heureuse qui signe la frange du bonheur comme si, soudain, venait combler quelque chose d’extérieur à soi, une sorte de flux qui assure d’être relié au cœur substantiel du monde, d’être irrigué par la sève de l’univers À la réflexion, ce qui est curieux c’est que cette expérience soit le contraire d’une transcendance. Ce serait plutôt celle d’une immanence, mais d’une immanence puissante, réconfortante et même salvatrice – comme d’une nourriture réclamée par le corps.
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Ryokan met en garde contre « tout propos qui sent le pédant, qui sent l’esthète, qui sent le religieux, qui sent le maître de thé ». Il déteste « la poésie de poète, la calligraphie de calligraphe, et la cuisine de cuisinier. »
Le même : « comment décrire ma vie ? / plein d’entrain, ainsi passe mon temps. / Chevauchant les vagues qui chaque jour / se renouvellent, / à ma guise, libre jusqu’au terme de ma vie ? »
Voici des rencontres qui redonnent aux jours leur lumière
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On nomme « part des anges » on le sait, les vapeurs qui s’échappent au travers des pores du bois des pièces bourguignonnes tout au long de la vinification, accessibles, réservées aux seuls anges.
Des œuvres, c’est cette part, seule, qui importe. Image lointaine parfois – nébuleuse légère –, petite âme du souvenir, trace imprécise, mais chargée, impalpable, difficilement définissable, suffisante à nourrir les heures, à enchanter les jours. Quelque chose, peut-être, comme une mélodie. Ou le sillage d’un parfum – aussi tenace, singulier et insaisissable à la fois. Loin du message et autres balivernes, aussi bien que des techniques. Ce pourrait être le révélateur infaillible. Ainsi tant de réalisations (dans le domaine de la peinture spécialement, de ce qui en tient lieu), on peut se demander quelle poussière d’étoiles, quelle musique elles laissent au souvenir et à l’âme.
Claude Dourguin, Ciels de traîne, coll. En lisant en écrivant, Éditions José Corti, 2011, p. 169, 175 et 44.
Claude Dourguin dans Poezibao :
bio-bibliographie, extrait 1, notes sur la création 1, notes sur la création 2
Rédigé par Florence Trocmé le jeudi 11 août 2011 à 11h00 dans Anthologie permanente | Lien permanent
Les poèmes d’Étienne Faure, et cela ne se dément pas depuis le premier livre1, voire s’affirme, subissent les lois (qu’il leur impose) de l’attraction terrestre : ils tombent, irrésistiblement tendus vers le bas sol, que ce soit dans le déroulement de la signification du poème qui attrait vers son ouverture finale, ou que ce soit formellement, puisque le poème en vers tend vers son titre placé en clausule. Le bas, ou le ras sol, voit passer l’humaine activité, et le regard du poète demeure devant cet horizon-ci ; le titre revendiquant une poésie à hauteur d’hommes, non point revendiquante de l’ordinaire, mais soucieuse d’égalité dans le regard et devant l’évidente destination (alors on devinera la philosophie de Montaigne se dérouler en ondes discrètes dans la poésie d’Étienne Faure, au sujet de la mort, celle qui tient au collet petits et grands ; en poète, Étienne Faure prémédite la mort, la devance, par observations minutieuses, chez chacun des autres, de ses moindres indices de présence, et par conséquence, il l’a sans cesse à l’esprit, en bouche, en vers ; « aussi ay-je pris en coustume d’avoir, non seulement en l’imagination, mais continuellement la mort en la bouche », affirmait Montaigne). La recherche d’indices de mort est, par là même, la recherche d’indices d’émotion, voulue comme une manière de ralentir la chute des corps. Avec l’élégance raffinée du style qui le caractérise, Étienne Faure rassemble les failles, mal visibles, par contre certaines, parce que largement pressenties, les failles où demeurent la mort, une élégance résignée, mais qui, presque, rendrait hommage à la mort ; il « échafaude des textes sombres/en de beaux clairs-obscurs », convaincu qu’elle remonte par les failles, pour faire l’homme retomber sur terre : « Ainsi reviendront les morts/en personne,/une paume à la main courante/où, pendue,/la descendance apprend la gravité. » C’est un livre subtil, dont on pourrait presque penser qu’il rêve la mort, du moins se fait humble devant elle, cela que le poète signifie dans la section finale, titrée fatalement « Congé », au seul poème, poème qui vient du titre éponyme, qu’on lira comme un hommage fort discret, mais hommage néanmoins, aux Commourants de Jude Stéfan, poème dont les derniers vers ferment le cercueil-livre, ou, au contraire, ouvrent un art poétique :
« au-dessus on s’agite
pour quelques mots dans la boîte crânienne,
entreprend les allées et venues
– à la ligne – perdues pour l’essentiel,
à dire ici des mots dépouillés, nus
comme des vers de terre. »
[Jean-Pascal Dubost]
Étienne Faure, Horizon du sol, Champ Vallon, 128 p., 12 €
1Légèrement frôlée, Champ Vallon, 2007 (suivi de Vues prenables, Champ Vallon, 2009)
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Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 10 août 2011 à 10h32 dans Notes de lecture | Lien permanent
NDLR : texte choisi en mémoire de Roman Opalka disparu ce 6 Août 2011.
La blancheur – couleur d’absence de couleur – est tellement agressive que, pour être lus, les vocables l’attaquent de front, syllabe après syllabe, lettre après lettre ; jamais collectivement mais isolément.
« Stratégie de l’écriture » disait-il.
Violence de la page blanche, d’autant moins maîtrisable qu’elle est silencieuse.
La résistance du livre en est chaque fois ébranlée.
Toute naissance rompt un silence originel contre lequel elle luttera jusqu’à la mort.
L’éternité serait, peut-être alors, ce temps muet, infini en aval du temps.
Edmond Jabès, L’ineffable l’inaperçu, Le livre des ressemblances, III, Gallimard 1980, p. 43.
Edmond Jabès dans Poezibao :
biobibliographie, Didier Cahen, Edmond Jabès (note de lecture), « Au pli du dialogue », un article d’Olivier Goujat : 1, 2 et 3 avec pdf intégralité de l’article), extrait 1, extrait 2, extrait 3
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Rédigé par Florence Trocmé le mercredi 10 août 2011 à 09h51 dans Anthologie permanente | Lien permanent
Comme l’indique le titre, ça souffle fort dans ces quelques pages – jusque dans les bronches du lecteur, avec une « heureuse énergie / du désespoir » qui emporte par mots et par vers tout ou presque, y compris le ciel forcément omniprésent – et il est toujours grand temps pour ça puisque trop vite « tout sera sous l’herbe / blanchi crispé débâti » et que celui auquel renvoie le fréquent pronom personnel masculin, à peine sujet, ne pourra alors plus lancer ses cris et chansons à la face du « taiseux formidable », le dénommé D. Souvent dans une tonalité tragicomique, n’hésitant ni à appeler un chien un chien :
La langue aux crocs un chien
qui jamais n’écrira La recherche
du Temps perdu saute à la chienne
impavide
bave et la cul-
bute l’encombre
ni à se tourner lui-même en dérision :
N’y a pas – songe-t-il - d’histoire
naturelle et ceci
fut une fois pour toutes et ego
j’aurai le dernier mot
le sous-moi ça déparle
et déconnais-toi toi-même
désormais
H. Droguet livre donc là un petit opus bien dans sa veine.
[Bruno Fern]
Henri Droguet, Avis de grand frais, éditions Contre-allées, juin 2011, 20 pages, 6 €.
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 09 août 2011 à 14h16 dans Notes de lecture | Lien permanent
Il y a un an, le 10 Août 2010, disparaissait Roger Munier. Chantal Guillaume a communiqué à Poezibao cette première page d’un carnet inédit, que lui a confié la famille de Roger Munier.
De la Nature, non comme symbole ou signe, mais comme idée, je veux dire : comme expressive par elle-même.
Le haut (Mont Fuji)
Il se fait une haute idée.
Le plat.
Le haut n’est pas le symbole de la grandeur (un mot) ou de l’éminence (encore un mot). Il est l’idée même de… sa forme, si j’ose dire.
L’amour physique.
J’avance chaque jour davantage en toi et il me semble que cette progression n’ait pas de fin.
Le bruit de la ville est tel qu’il empêche d’entendre l’orage.
Mimosa. Une odeur fraîche et sépulcrale. Ce parfum qui est à la limite de la décomposition.
La détonation veloutée de la harpe.
Mes idées se heurtent car le réel est polémique.
La poésie est future. Destin de la poésie : elle finit par devenir proverbe et « lieu commun ».
Ne pas oublier que Narcisse meurt au bord de la fontaine. Sa beauté n’est que privation. Narcisse n’en jouit pas, justement parce qu’elle est sienne. Mais ce qu’il est lui-même, il voudrait qu’un autre le soit, afin de pouvoir l’aimer.
Narcisse souhaite se dépouiller de ce qu’il est, afin de pouvoir aimer. Il est essentiellement ouvert. La souffrance de Narcisse, c’est qu’on ne peut s’ouvrir à soi.
Roger Munier
Début d’un carnet retrouvé sur son bureau à sa mort le 10 août 2010.
Ce carnet inédit porte le titre de Passé sous silence.
Au haut de la première page, Roger Munier a ajouté dans une parenthèse : « Commencé, je pense, vers 1958 ».
photo ©Jean-Marc de Samie, reprise du site Roger Munier
La disparition de Roger Munier, hommage de Gérard Pfister, hommage de Chantal Colomb-Guillaume
Rédigé par Florence Trocmé le mardi 09 août 2011 à 14h03 dans Evènements | Lien permanent
Sentier du nord
1.
Eaux noires, où
l’oie cendrée, le plongeon gris
le saumon, la perche, la truite
sont chez eux….
après dix jours sans nuage
la pluie est revenue
une bruine grise
qui assombrit le lac
et voile les collines
2.
Air froid de l’aurore
ce rocher :
traces de l’époque glaciaire
et là un tertre
poste de guet d’un renard
(l’herbe a verdi
sous ses excréments)
3.
Un bosquet de bouleaux
brouillés de pluie
le tronc
blanchi
d’un pin mort
sur le sol tourbeux
l’empreinte d’un cerf
4.
Un ruisseau gris
des lichens
agrippés à une pierre
et, solitaire
une fleur
arctique :
étamines noires
pétales blancs
5.
Là-bas
parmi les rocs et les éboulis
un ptarmigan
franchit la crête.
Northern Trail
1.
Dark waters, home
of greylag goose, blackthroated
diver
salmon, charr and trout…
after ten days’ drought
the rain has returned
a grey smir
obscuring the loch, smooring
the hills
2.
Chill dawn air
this rock :
those Ice Age scratchings
and there a hillock
of fox’s lookout
(the grass has greened
with his droppings).
3.
Birch grove
silver-blurred in the rain
the bleached trunk
of a dead
pine
deer-print
in the peaty ground
4.
Burn water grey
club moss
tight on the stones
and a single
arctic
black-stamened
white-petalled
flower.
5.
Down there
along the rock and scree
a ptarmigan
makes it over the ridge
Kenneth White, Les rives du silence, traduit de l’anglais par Marie-Claude White, édition bilingue, Mercure de France 1997, p. 64 à 67
Kenneth White dans Poezibao :
bio-bibliographie, extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4 (présentation de Un monde ouvert), extrait 5, ext. 6, ext 7
Suivre ici l’actualité de la poésie
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Rédigé par Florence Trocmé le mardi 09 août 2011 à 09h49 dans Anthologie permanente | Lien permanent